On fait beaucoup d’éloges de la « qasîda Emâlî ». Pourriez-vous m’en dire plus sur ce poème ?

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14 oct. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer

Question : On fait beaucoup d’éloges de la « qasîda Emâlî ». Pourriez-vous m’en dire plus sur ce poème ?

RÉPONSE : Dans la qasîda Emâlî, composée par l’un des grands savants de l’islam, 'Alî al-Ûshî (qu’Allah lui fasse miséricorde), auteur du recueil de fatwas Sirâjiyya, la croyance de l’Ahl as-Sunna est exposée en vers avec une grande beauté. Le texte original est une pièce poétique remarquable. L’ouvrage y affirme, en résumé, ce qui suit :

Allah, le Très-Haut, est éternel sans commencement ni fin. Il est Celui qui crée le bien et le mal, mais Il n’agrée pas le mal.

Les attributs d’Allah ne sont ni identiques à Son Essence ni autres qu’Elle. Tous Ses attributs sont éternels sans commencement ni fin. Il ne ressemble à rien.

Allah, le Très-Haut, qui a créé toute chose à partir du néant, a créé aussi le Trône ('Arsh). Mais on ne peut pas dire qu’Il « s’y est installé », car Il existait avant de créer le Trône. Il est transcendant au lieu et au temps.

La foi du simple imitateur (mukallid) est valide. [La foi de celui qui, en imitant ses parents ou ses enseignants, parvient à la croyance correcte est saine. Toutefois, parce qu’il n’a pas examiné et recherché — c’est-à-dire qu’il n’a pas appris, ne serait-ce qu’en bref, les sciences de la nature, ni réfléchi à l’existence d’Allah — il a commis un péché. Il existe cependant des savants qui disent que, si une personne n’a pas étudié les sciences, mais qu’elle a cru en apprenant de ses parents ou d’un livre, en acceptant par réflexion et en usant de sa raison, on ne considère pas qu’elle a délaissé l’argumentation rationnelle (istidlâl).]

Le Coran est la Parole divine et n’est pas créé.

Au Paradis, il y a des délices, et en Enfer, des châtiments. Le Paradis et l’Enfer ne disparaîtront jamais.

Au Paradis, lorsque les croyants verront Allah — sans aucune ressemblance avec quoi que ce soit — ils en oublieront les autres délices.

Il n’est pas obligatoire pour Allah, le Très-Haut, de créer ce qui est le plus profitable (Il n’y est nullement contraint).

Il est obligatoire de croire aux prophètes et aux anges (ainsi qu’aux autres éléments de l’Âmentü).

Notre maître Muhammad (paix et bénédictions sur lui) est le dernier prophète ; sa religion demeure jusqu’au Jour de la Résurrection, et l’Ascension (Mi'râj) est une vérité. Tous les prophètes, avant comme après leur mission, ne commettent pas de péché. Il n’y a pas eu de prophète parmi les femmes.

Notre maître Jésus ('Îsâ) reviendra et tuera le Dajjâl. Les prodiges (karâmât) des saints sont une réalité.

Abû Bakr as-Siddîq est supérieur à tous les nobles Compagnons.

Pour une personne pubère et responsable, ignorer Allah ne constitue pas une excuse. La foi (îmân) d’un mécréant à son dernier souffle n’est pas acceptée

Les actes d’adoration et les œuvres ne font pas partie de la foi. (Autrement dit : on ne dit pas qu’un homme devient mécréant pour avoir délaissé une obligation.) On ne déclare pas mécréant un musulman qui commet de grands péchés tels que le meurtre, l’usurpation (gasp) ou la fornication (zinâ). Mais celui qui, à un moment donné, a l’intention de quitter la religion, sort de l’islam et devient mécréant à l’instant même où il en forme l’intention.

Celui qui prononce une parole faisant partie des expressions de mécréance devient mécréant, même s’il n’en accepte pas le sens. (Autrement dit : même si c’est pour plaisanter ou faire rire, cela constitue quand même de la mécréance. Par exemple : dire “Je suis prophète” est de la mécréance.) En revanche, on ne doit pas juger mécréant celui qui a proféré des expressions de mécréance alors qu’il était ivre.

Le licite comme l’illicite sont [tous deux] une subsistance (rizq). L’interrogatoire de la tombe et le châtiment de la tombe sont des vérités.

À l’exception de ceux qui obtiendront le pardon et l’intercession, tous les pécheurs subiront la peine de leurs fautes.

L’entrée des croyants au Paradis relève de la grâce (fadl) d’Allah, car nul ne peut mériter le Paradis par ses seules œuvres.

Les hommes seront appelés à rendre des comptes après la résurrection.

Le Jour du Jugement, la pesée des œuvres et le passage sur le pont (Sirât) sont des vérités. Ce monde a été créé après coup (il est créé).

Les invocations (du‘â) ont un effet. Même ceux dont les péchés sont grands comme des montagnes obtiendront, peu ou prou, l’intercession.

Le Paradis et l’Enfer existent dès à présent.

Les gens de la foi ne resteront pas éternellement en Enfer comme châtiment de leurs péchés. [La demeure éternelle en Enfer est propre aux mécréants.]

14 oct. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer
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