Lorsque les femmes ont leurs règles, peuvent-elles réciter des invocations (du‘a) ?
Les femmes, lorsqu’elles ont leurs règles, c’est-à-dire pendant la période des menstrues (hayd), peuvent-elles réciter des invocations (du‘a) ?
Cher frère,
« Les jours où les femmes ne peuvent pas accomplir la prière parce qu’elles ont leurs règles (hayz) ou sont en période de lochies (nifas) :
- Peuvent-elles lire le Coran ?
- Peuvent-elles lire le Verset du Trône (Ayat al-Kursi) et la sourate al-Ikhlas ?
- Peuvent-elles dire la basmala, la formule de l’unicité (kelima at tawhid), la formule du témoignage de foi (kelima ash-shahada), les salawat sur le Prophète, faire des tasbih et des invocations (dhikr) ?
- Peuvent-elles lire des livres religieux ?
- Peuvent-elles répéter intérieurement le Coran qu’elles entendent à la radio ?
- Peuvent-elles écrire la basmala en arabe ? »
Essayons de répondre à toutes ces questions ensemble :
Une personne en état de janaba, une femme en période de règles ou en période de lochies ne peut réciter aucun verset du Coran ; cela n’est pas permis. À ce sujet, le Messager d’Allah (aleyhissalatu vesselam) a dit :
« La personne en état de janaba et la femme qui a ses règles ne récitent rien du Coran. » (1)
C’est-à-dire que, avec l’intention de “lire le Coran”, elle ne peut pas lire même moins qu’un verset. En revanche, il est permis de réciter certains versets du Coran avec l’intention de faire une invocation (dua), de louer Allah, de chercher protection auprès de Lui, au début d’une action, ou pour enseigner.
Par exemple, comme ce verset / cette invocation qu’il est sunna de réciter en montant dans un moyen de transport :
« Subhanalladhi sakhkhara lana hatha wa ma kunna lahu muqrinin (Gloire à Celui qui a mis ceci à notre service, alors que nous n’étions pas capables de le maîtriser). » (2)
Et de même, en descendant du véhicule, on lit ceci :
« Rabbana anzilni munzalan mubarakaan wa anta khayru al-munzilin (Ô notre Seigneur, fais-moi descendre dans un lieu plein de bien et de bénédiction. Tu es le meilleur de ceux qui accueillent les hôtes). » (3)
Lorsqu’on reçoit la nouvelle d’un malheur ou d’un décès, on dit :
« Inna lillahi wa inna ilayhi rajiun (Certes, nous appartenons à Allah et, certes, c’est à Lui que nous retournerons). » (4)
De même, dire « Bismillahirrahmanirrahim » au début d’une action, ou « Alhamdulillah » pour remercier, entre aussi dans cette catégorie.
De la même façon, réciter les sourates Fatiha, Ayatü’l-Kürsi, Felak, Nas et Ikhlas dans l’intention de faire du dhikr, de se rappeler d’Allah, n’est pas interdit.
Selon l’école malikite, il n’y a pas d’inconvénient pour une femme en période de règles (hayd) ou de lochies à lire une petite quantité de Coran. Cette petite quantité correspond justement à la mesure des sourates mentionnées ci-dessus. Leur argument est que, comme les femmes restent dans cet état longtemps, ils ont jugé cela permis par istihsan (appréciation juridique fondée sur l’équité).
Selon les écoles hanbalite et hanafite, épeler les mots du Coran, les lire lettre par lettre, est permis. Car une telle manière de lire n’entre pas dans la catégorie de la « récitation » (kiraat). De même, ils ont jugé permis de regarder le Mushaf sans faire de tilawa, et de lire intérieurement sans bouger les lèvres. Car, dans ce cas-là non plus, on ne parle pas de véritable récitation. (5)
Toutes ces opinions sont des différences d’ijtihad auxquelles les imams moujtahids sont parvenus en se fondant sur divers arguments, et elles sont toutes valables.
Par ailleurs, il est permis de réciter, une ou plusieurs fois, des formules de tawhid et de dhikr comme la formule du témoignage de foi (Kelime ash-Shahada), la formule de l’unicité (Kelime at-Tawhid), l’istighfar, les salawat sur le Prophète, etc.
Pour les femmes, en ces jours-là, il est permis, selon l’Imam Azam, de prendre en main des livres religieux tels que tafsir, hadith et fiqh, en dehors du Coran lui-même. Cependant, elles ne doivent pas toucher directement les versets du Coran qui se trouvent à l’intérieur de ces livres.
Concernant l’écriture de versets coraniques dans cet état, on lit ce qui suit dans al-Fatawa al-Hindiyya :
« Il est makruh que ceux qui sont en état de janaba ou de règles écrivent, entre les lignes de ce qu’ils sont en train de rédiger, un verset du Coran. Mais si, après les avoir écrits, ils ne lisent pas ces versets, ce n’est plus makruh. »
Et l’Imam Muhammad dit à ce sujet :
« Selon moi, il est préférable que ces personnes ne se consacrent pas à l’écriture du Coran »,
recommandant ainsi d’adopter une attitude prudente et attentive dans ce domaine.
D’après cela, comme la basmala est elle aussi un verset du Coran, il est plus correct de ne pas l’écrire pendant la période des règles.
Par ailleurs, quelle que soit l’école juridique à laquelle elle se rattache, une femme dans cet état ne peut pas toucher directement un seul verset du Coran. En revanche, elle peut le tenir au moyen d’un tissu propre ou d’un papier qui ne soit pas solidaire du mushaf (c’est-à-dire qui fasse écran entre sa main et le Coran).
Notes :
- Ibn Maja, Taharet, 105.
- Sourate az-Zukhruf, 43/13.
- Sourate al-Mu'minun, 23/29.
- Sourate al-Baqara, 2/256.
- Wahba az-Zuhayli, al-Fiqh al-Islami wa adillatuhu, Encyclopédie du fiqh islamique, 1:288-289.
- Ibn Maja, Taharet, 119.
- Bidayat al-Mujtahid, 1:110 ; al-Fiqh al-Islami wa adillatuhu, 1:422.
Avec salutations et prières...
L'Oasis