Tomber amoureux est-il un péché ?
Le simple fait de vivre ce sentiment seulement en soi, est-ce un péché ? Mais vous devez comprendre ce que j’entends par amour ; ce que j’entends par amour, c’est ceci : est-ce un péché de ne vivre ce sentiment qu’intérieurement ?
Cher frère, chère sœur,
Tomber amoureux n’est pas un péché. Dans un hadith, il est dit qu’un homme qui tombe amoureux d’une femme, garde cet amour caché, ne le dit à personne et meurt dans cet état, aura le rang de martyr (shahîd). (cf. Kanz al-'Ummal, n° 7000 ; pour plus de détails, voir Ajlûnî, 2/263. As-Sakhawî a signalé que le hadith est authentique, cf. al-Maqasidu’l-hasana, 1/220)
Comme tu le sais, l’amour n’est pas seulement une émotion charnelle du nafs, mais le nom d’un attachement très fort du cœur. Pour cette raison, tomber amoureux n’est pas quelque chose qui est entièrement “dans la main” de l’être humain.
Le fait que tu penses à cette personne, que son image te vienne à l’esprit sans que tu le veuilles, est licite. En revanche, aimer au point de sacrifier des choses sacrées, au point de diviniser la personne aimée, n’est pas correct.
Si tu as la possibilité de te marier et qu’il t’est possible de la demander en mariage selon les règles religieuses, il est recommandé de le faire sans tarder. Si cela n’est pas possible, il faut alors se dire : « Cela n’était pas un bien pour moi », et demander à Allah de t’accorder une bonne épouse, pieuse, de lait licite, puis la chercher.
Nous ne savons pas ce qui est réellement un bien (khayr) pour nous. Peut-être que quelque chose que nous voulons absolument, pourrait être plus tard une chose à propos de laquelle nous dirions : « Si seulement cela n’était pas arrivé… »
C’est pour cela que le plus beau comportement est :
- quand on demande, demander ce qui est bon et bénéfique (al-khayr),
- et si cela n’arrive pas, patienter avec sérénité et attendre ce qu’Allah préparera.
La mère de Maryam (Marie) avait demandé à Allah un enfant garçon. Allah lui a donné une fille. Elle en avait été très peinée. Si aujourd’hui nous demandions à cette noble mère : « Tu préfèrerais avoir des dizaines de fils ordinaires, ou une seule fille comme Maryam ? » Elle choisirait certainement une seule Maryam. Car sa fille est devenue la mère d’un prophète.
Nous aussi, nous devons agir en nous basant sur cette logique.
Nous sommes les serviteurs d’Allah. Nous devons nous comporter comme Il veut, pas comme nous voulons. Même fiancés, si un homme et une femme n’ont pas de nikâh, il leur est haram de rester seuls ensemble, à l’écart des autres. Car les fiançailles ne sont pas un mariage. Il faut qu’ils se marient (nikâh) avec des témoins pour que le fait de s’asseoir ensemble, se côtoyer, devienne licite.
Par exemple : si quelqu’un vient dans ton verger et mange un fruit après t’en avoir demandé la permission, c’est très bien. Mais s’il le mange sans te demander la permission, puis te dit : « De toute façon, quelle différence ? », que ferais-tu ?
Allah nous a interdit de « circuler sans permission » auprès de l’autre sexe. Cette permission, c’est le nikâh qui la donne.
Avec salutations et prières...
L'Oasis