Qu’est-ce que le "shirk" et quels en sont les différents types ?

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26 nov. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer

Cher frère,

Le mot shirk signifie « association, fait d’associer (un autre à Allah) », c’est le contraire du mot tawhîd (l’unicité d’Allah). Sharîk veut dire « associé, partenaire ». Son pluriel est shurakâ’.

Dans le Noble Coran, les gens sont appelés au tawhîd, c’est-à-dire à l’unicité d’Allah, et il leur est ordonné de ne Lui associer absolument rien, ni dans Son Essence, ni dans Ses Attributs, ni dans Ses Actes ; il leur est également interdit avec insistance d’associer à Allah, dans l’adoration qui n’appartient qu’à Lui, qui que ce soit d’autre.

C’est pourquoi, dans le Coran, il est dit que :

  • le shirk est un péché immense et une grande injustice (1),
  • et qu’Allah, le Très-Haut, a déclaré qu’Il ne pardonnera jamais qu’on Lui associe quelque chose, mais qu’Il pardonne, pour qui Il veut, les péchés qui sont en deçà de cela. (2)

En effet, l’être humain est le khalîfa (lieutenant, représentant) d’Allah sur terre. Tout ce qui se trouve sur terre a été placé à son service et soumis à son ordre, et la direction de ce monde lui a été confiée. (3)

Comment donc se fait-il que l’homme, créé pour gérer la création, puisse prendre comme divinité certains êtres semblables à lui ou même placés à son service, délaisser Allah pour les adorer, ou encore les associer à Allah ?

C’est précisément parce que le shirk rabaisse l’être humain de cette façon, l’empêche de saisir la haute dignité et la noble position qu’Allah lui a destinées, et l’empêche ainsi de parvenir à Allah, que le shirk est considéré comme le plus grave des péchés. C’est pour cela aussi qu’Allah, le Très-Haut, a annoncé qu’Il ne pardonnera jamais ce péché à ceux qui meurent en L’associant.

Les différentes formes de shirk

Il existe plusieurs formes (types) de shirk :

  1. Shirk al-Istiklâl (association indépendante)

La forme de shirk la plus manifeste consiste à adorer, à rendre un culte à des créatures comme : le soleil, la lune, les étoiles, les forces de la nature, ou encore certains êtres humains considérés comme des demi-dieux ou des dieux à part entière, bref : tout être vivant ou inanimé autre qu’Allah.

Comme, dans ce type de shirk, on délaisse Allah pour reconnaître un ou plusieurs autres êtres comme divinité(s) et les adorer, on appelle cela « shirk al-istiklâlî », c’est-à-dire une association où l’entité associée est prise comme dieu indépendant.

Le shirk des Seneviyya et des Majûs (mages, zoroastriens), qui croient qu’il existe un dieu du bien et un dieu du mal, et qui adorent ces deux divinités, entre dans cette catégorie. C’est le cas, par exemple, dans la religion de Zoroastre.

  1. Shirk at-Tab‘îd (association par division / partage)

Dans cette forme de shirk, qu’on appelle « shirk at-tab‘îd », on croit en Allah, mais on Lui associe d’autres êtres, en leur attribuant également une part de la divinité : autrement dit, on considère que d’autres entités que Lui possèdent, comme Allah, des attributs de seigneurie ou de divinité.

La doctrine de la Trinité (Taslîs), qui a été inventée et ajoutée plus tard dans le christianisme, est un exemple de ce type de shirk.

En effet, les chrétiens donnent à Jésus ('Îsâ) le titre de « Fils », et à Marie (Maryam) celui de « Saint-Esprit (Rûh al-Qudus) » et considèrent que le « Fils » et/ou le « Saint-Esprit » sont, comme Allah, dotés d’une puissance absolue et d’un savoir absolu ; ils croient donc en une divinité tripartite : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, ce qui constitue une forme de shirk at-tab‘îd.

  1. Shirk at-Taqrîb (association par “rapprochement”)

Dans la troisième forme de shirk, appelée « shirk at-taqrîb », on reconnaît bien que le Créateur de ce monde est unique, mais on se met malgré tout à adorer d’autres choses que Lui, comme des idoles et des statues, sous prétexte de :

« se rapprocher d’Allah » et « trouver auprès de Lui des intercesseurs ».

On adore donc, à la place d’Allah, des objets inanimés, sans valeur, incapables de procurer le moindre bien ou de repousser le moindre mal.

Cette forme d’idolâtrie, appelée « wathaniyya » (polythéisme / culte des idoles), est la forme de shirk la plus basse, la plus vile et la plus ridicule. Comme, à l’époque de l’apparition de l’Islam, ce type d’association était répandu dans le monde entier, le Coran l’a mentionné à de nombreuses reprises, avec des termes très sévères, et a fermement interdit cette croyance dévoyée. (4)

Une autre forme de shirk consiste pour certains hommes à prendre parmi eux-mêmes des personnes comme “seigneurs (rabb)”, en leur obéissant aveuglément : en suivant leurs ordres et interdictions à eux, à la place des ordres et interdictions d’Allah.

Ainsi, dans le Noble Coran, il est dit que :

  • les juifs ont pris leurs rabins (leurs savants religieux),
  • et les chrétiens ont pris leurs moines comme seigneurs en dehors d’Allah : c’est-à-dire qu’au lieu de suivre les ordres et interdictions d’Allah, ils ont suivi ceux de leurs religieux.

Alors qu’en réalité, ils n’avaient été commandés que d’adorer un Dieu unique, Allah. (5)

Les formes de shirk mentionnées ci-dessus sont résumées très clairement dans le verset suivant : (6)

« … Ne servons (n’adorons) aucun d’autre qu’Allah. Ne Lui associons aucun partenaire. Et ne prenons pas, en dehors d’Allah, les uns les autres comme seigneurs (rabb). »

Une forme de shirk plus subtile, et moins évidente extérieurement, est également mentionnée dans le Noble Coran : c’est le fait pour l’être humain de suivre aveuglément ses passions et ses désirs bas.

Ainsi, dans le Coran, on lit : (7)

 « As-tu vu celui qui a pris pour divinité sa propre passion (son désir) ? »

Par cette expression, ces gens-là sont blâmés.

Il est donc indispensable de se tenir à l’écart avec une grande vigilance de toute forme de shirk, qu’elle soit manifeste ou cachée. Ce n’est qu’ainsi que l’on peut parvenir au vrai tawhîd.

Toutes ces formes d’association à Allah, en particulier :

  • l’idolâtrie,
  • le culte du soleil, de la lune, des étoiles et des forces de la nature,
  • la croyance en deux ou plusieurs divinités,
  • et la doctrine de la Trinité des chrétiens,

ont été fermement rejetées dans le Noble Coran, tandis que la foi en l’unicité absolue d’Allah (tawhîd) a été enseignée à toute l’humanité.

Ainsi, il est clairement indiqué dans de nombreux versets que :

  • la véritable obéissance et la véritable adoration ne doivent être vouées qu’à Allah,
  • et que délaisser les ordres d’Allah pour obéir à un autre, ou pour suivre ses passions basses, est considéré comme une forme de shirk. (8)

Notes :

  1. Luqman, 31/13.

  2. An-Nisa, 4/48.

  3. Al-Baqara, 2/29-30.

  4. Voir :

    • Al-An‘am, 6/71, 136-138, 139 ;
    • Ibrahim, 14/30 ;
    • Al-‘Ankabut, 29/25 ;
    • Al-A‘raf, 7/191, 192, 195, 197 ;
    • Al-Hajj, 22/12, 13, 73 ;
    • Maryam, 19/81 ;
    • Al-Furqan, 25/3 ;
    • Saba, 34/21 ;
    • Fatir, 35/13, 14, 40 ;
    • Al-Isra, 17/56.
  5. At-Tawba, 9/31.

  6. Al ‘Imran, 3/64.

  7. Al-Furqan, 25/43.

  8. Ali Arslan Aydin, Les croyances islamiques (Le tawhid et la science du kalâm), éditions Gonca, p. 289-291.

Avec salutations et prières…

L'Oasis

26 nov. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer
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