Qu’est-ce que la foi ? (2/2)
Croire avec le cœur suffit-il ?
Question : Les livres religieux disent : « La foi consiste à croire de tout cœur à tout ce que le Prophète Muhammad (aleyhisselâm) a apporté d’Allah le Très-Haut, et à l’attester par la parole. » Si un non-musulman croit intérieurement selon ces principes, mais cache sa foi par peur d’être persécuté s’il la déclare, sera-t-il tout de même considéré comme musulman ?
RÉPONSE : Oui, bien sûr, il est considéré comme musulman. Les savants ont dit : « Lorsque des circonstances empêchent quelqu’un de prononcer sa foi, le silence est excusé. » L’un des bienfaits de confesser sa foi avec la langue est que cette personne sera alors traitée comme musulmane : on priera sur elle à sa mort, elle sera enterrée dans un cimetière musulman, et les musulmans invoqueront Allah pour elle. Mais si elle ne le déclare pas, elle sera privée de ces bienfaits. C’est pourquoi, si aucune contrainte ne l’en empêche, il faut dire fièrement : « Alhamdoulillah, je suis musulman ! » et réciter l’Âmentü jusqu’à la fin avec conviction.
La foi : approbation et confession
Question : Dans les livres des savants de l’ahl as-sunna, on définit la foi ainsi : « La foi consiste à croire avec le cœur à tout ce que Muhammad (aleyhisselâm) a transmis de la part d’Allah le Très-Haut, et à le confesser par la parole (le dire avec la langue). » Si un non-musulman a la foi mais, pour une raison quelconque, ne l’a dit à personne et meurt dans cet état, meurt-il sans foi ?
RÉPONSE : Quand un empêchement l’empêche de confesser sa foi avec la langue, l’omission est pardonnable. Par exemple : s’il est menacé (risque de préjudice), malade, muet, ou s’il meurt sans en avoir eu le temps, il n’est pas tenu de le dire.
Selon la majorité des savants du madhhab hanafite, la foi est l’approbation par le cœur (tasdîq) et la confession par la langue (ikrâr). Pour les muhakkikîn (autorités vérifiées), dire sa foi avec la langue est une condition pour l’application des règles islamiques dans ce monde. D’après ces savants, si l’on a la foi au cœur et que, sans empêchement, on refuse de la dire lorsqu’on le lui demande, c’est une mécréance d’entêtement (kufr-ul-inâd) : l’assentiment intérieur n’est alors d’aucun profit. (Dourr-oul-mouhtâr)
Conclusion de la question : Celui qui ne déclare pas son islam par crainte d’un tort venant de son entourage, ou pour une autre excuse valable, meurt croyant.
La religion conduit au bonheur éternel
La religion est la voie indiquée par Allah le Très-Haut pour conduire les humains au bonheur éternel. On n’appelle pas « religion » les voies fabriquées par les hommes. Depuis Adam (aleyhisselâm), Allah a envoyé tous les mille ans environ, par l’intermédiaire d’un Prophète, une religion aux hommes. Ces prophètes-là sont appelés Resûl. En outre, à chaque époque, Il a choisi l’homme le plus pur comme Prophète (Nabî) pour fortifier ces religions. Les prophètes qui suivent les Messagers sont appelés “Nabî”. Tous les Prophètes ont annoncé la même foi et ont demandé les mêmes croyances à leurs communautés. Mais leurs lois religieuses (ce qu’il faut accomplir avec le cœur et le corps, et ce dont il faut s’abstenir) différaient ; c’est pourquoi leurs pratiques religieuses n’étaient pas identiques.
Celui qui croit et se conforme à ce qu’enseigne l’Islam est musulman. Celui qui cherche à plier les règles de l’Islam à ses désirs devient mécréant, car Allah a envoyé les religions pour briser les passions de l’ego et endiguer ses excès. Chaque religion abroge celle qui la précède. La dernière, qui a rassemblé les vertus des précédentes et ne sera jamais changée jusqu’au Jour dernier, est la religion de Muhammad (aleyhisselâm). Aujourd’hui, la religion qu’Allah agrée est l’Islam. À ceux qui accomplissent ses obligations (fard) et évite ses interdits (harâm), Allah accordera des bienfaits dans l’au-delà ; à ceux qui les délaissent, il y aura des châtiments. Sans foi, les obligations ne sont pas acceptées ; et si un croyant délaisse les fard, ses sunna ne sont pas acceptées (il n’en reçoit pas la récompense) et il n’est pas considéré comme ayant suivi le Prophète. Si quelqu’un accomplit toutes les obligations mais en délaisse une seule sans excuse, il ne reçoit aucune récompense pour les surérogatoires de la même catégorie tant qu’il n’a pas acquitté cette dette. Le Prophète (aleyhisselâm) dit à ‘Alî :
« Ô ‘Alî ! Quand les gens se préoccupent des mérites des œuvres surérogatoires, toi, efforce-toi de parfaire d’abord les obligations ! »
Les choses permises (moubâh), faites avec bonne intention, rapportent récompense ; avec mauvaise intention, ou si elles empêchent d’accomplir une obligation à temps, elles deviennent péché. S’il se mêle une mauvaise intention à l’accomplissement d’un fard, la dette est certes acquittée, mais sans récompense, et il peut même y avoir péché.
Celui qui commet des harâm voit ses fard et sunna valides au sens de l’acquittement, mais sans récompense. Dans Hadîka, il est dit :
« Les adorations de celui qui ne se garde pas des péchés sont valides, mais non acceptées... »
Apprendre la foi, les obligations et les interdits
Avoir la foi, c’est commencer à suivre Muhammad (aleyhisselâm) et entrer par la porte du bonheur. Allah l’a envoyé pour appeler tous les humains au bonheur, et dans Saba 28, on lit :
« Ô Mon bien-aimé Prophète ! Je t’envoie à tous les hommes pour annoncer la félicité éternelle et indiquer le chemin qui y mène. »
Dormir un peu au milieu du jour (qaylûla) en suivant le Prophète est bien plus méritoire que veiller de longues nuits sans suivre sa Sunna. De même, manger le jour de fête (où le jeûne est interdit par la religion) est, par obéissance, meilleur que des années de jeûne effectué sans cette conformité. L’aumône obligatoire (zakât), même minime, donnée comme l’Islam l’ordonne, est plus précieuse que des montagnes d’or données de sa propre initiative. ‘Umar (radiyallahu ‘anh), ne voyant pas un homme à la prière du matin en communauté, apprit qu’il avait veillé la nuit en adoration. Il dit :
« Qu’il eût mieux valu qu’il dorme toute la nuit et qu’il assiste à la prière du matin en communauté ! »
Ceux qui se sont écartés de l’Islam, bien qu’ils peinent, luttent et cherchent à dompter leur âme charnelle (nafs), leurs efforts sont sans valeur et méprisables, car ils ne sont pas conformes à cette religion. Même s’ils en retirent une récompense, celle-ci se limite à quelques avantages terrestres. Or, quelle valeur et quelle importance ont les choses de ce monde pour que l’on tienne compte d’une si petite part de ces bénéfices ? Ces gens ressemblent à des balayeurs, qui travaillent et se fatiguent plus que quiconque, mais dont la récompense est la plus faible. Les musulmans, eux, sont comme des joailliers travaillant des pierres précieuses : peu d’effort, grand profit ; parfois une heure conforme à l’Islam vaut des centaines de milliers d’années d’efforts non conformes. Car l’acte conforme à l’Islam est agréé par Allah.
Ainsi, ce qui est obligatoire en premier pour tout croyant, c’est d’apprendre la foi, les obligations et les interdits. Sans cet apprentissage, point de véritable islam, la foi ne se conserve pas, les dettes envers Allah et envers les hommes ne se règlent pas, l’intention et la morale ne se rectifient pas. Sans intention droite, aucune obligation n’est acceptée. Chacun doit donc apprendre les connaissances de la religion. Le hadith dit :
« Apprendre ou enseigner la science une heure est plus méritoire que veiller toute la nuit en adoration. »
Croire est facile
Croire en l’existence d’Allah le Très-Haut et en ce qu’Il a révélé par l’intermédiaire de Ses prophètes est très facile. Observer l’ordre précis et la cohérence dans toutes les créatures, réfléchir à la finesse de leur organisation, est un devoir pour tout être humain. Depuis l’atome jusqu’au soleil, tout dans l’univers est réglé avec une harmonie telle qu’il apparaît clairement qu’ils n’ont pas existé par hasard, mais qu’ils ont été créés par un Être omniscient, sage, tout-puissant. Une personne sensée, en étudiant l’astronomie, les sciences naturelles, la biologie ou la médecine, reconnaît aisément qu’il existe un Créateur, exempt de tout défaut et de toute imperfection, et que Muhammad (aleyhisselâm) est Son Prophète, et que tout ce qu’il a transmis vient de Lui. Une telle personne croit aussitôt en ce Créateur et a la foi. Quand elle apprend que ceux qui nient — c’est-à-dire ceux qui meurent sans foi — resteront éternellement en Enfer, tandis que les croyants jouiront éternellement des bienfaits du Paradis, elle embrasse l’Islam de tout cœur. Car Allah le Très-Haut, dans Sa miséricorde, a indiqué les causes qui mènent au Paradis et à l’Enfer. Dans Marifatnâma, il est dit :
« Les connaissances en science et en astronomie, les machines, les usines — tout cela a été acquis par l’intelligence et l’expérience ; c’est pourquoi, avec le temps, de nouvelles découvertes ont été faites, et l’on a compris que beaucoup d’anciennes connaissances étaient erronées. Qu’elles soient anciennes ou nouvelles, justes ou fausses, toutes les connaissances scientifiques montrent que cet univers a été créé à partir du néant et qu’il est nécessaire de croire à l’existence d’un Créateur doté d’un savoir et d’une puissance infinie. »
Allah le Très-Haut possède de beaux noms (les Asmâ’ al-Husnâ). Ces noms, tout comme Son existence, sont éternels : ils n’ont ni commencement ni fin. De même que toute chose a été créée à partir du néant, on observe aussi que toutes les créatures finissent par disparaître. Une telle réalité ne peut pas exister depuis toujours ni se perpétuer d’elle-même sans cause. Il existe donc un Créateur qui fait exister toute chose à partir du néant et qui, Lui, n’est jamais inexistant. Ce Créateur a envoyé des Prophètes et des Livres pour faire connaître Son existence. Les noms de ces prophètes et de ces livres sont inscrits dans les bibliothèques du monde entier. Ce qui est évident ne peut être nié. Ne pas croire à l’existence d’Allah le Très-Haut, c’est nier l’évidence même. Ne pas croire en Son existence et en Son unicité revient à rejeter les événements du quotidien que l’on lit pourtant dans les livres d’histoire — ce qu’aucune personne raisonnable ne ferait.
Quiconque lit et comprend la vie, les nobles qualités et les miracles de Muhammad (aleyhisselâm) reconnaît avec équité qu’il est véritablement le Prophète d’Allah et que tout ce qu’il a transmis est la vérité.
Question : Quel est le premier ordre qu’Allah le Très-Haut a adressé à Ses serviteurs, et quel est le premier interdit qu’Il leur a imposé ?
Réponse : Le premier ordre adressé à tous les serviteurs d’Allah est d’avoir la foi (îmân). Le premier interdit est la mécréance (kufr), c’est-à-dire le refus de croire. Avoir la foi signifie croire que Muhammad (aleyhisselâm) est le dernier Prophète d’Allah et croire en tout ce qu’il a transmis et enseigné.
Les hommes se divisent en quatre catégories
Question : Les hommes sont-ils tous semblables dans la foi et l’incroyance, ou existe-t-il des différences entre eux ?
Réponse : Les savants de l’Islam ont classé les hommes en quatre catégories selon leur attitude à l’égard des Prophètes envoyés par Allah :
Celui qui croit au Prophète et le suit. Il vit dans ce monde dans la paix et la sérénité, et dans l’au-delà, il ira directement au Paradis. S’il commet des fautes sous l’influence de son âme charnelle, il sera pardonné grâce à sa repentance (tawba), à ses prières de pardon (istighfâr) et aux épreuves qu’il subit dans ce monde. Ensuite, il vivra éternellement parmi les bienfaits du Paradis. Ces personnes sont appelées serviteurs vertueux (sâlih).
Celui qui croit et obéit au Prophète, mais qui vit dans les difficultés, les maladies et les épreuves. Il supporte ses souffrances avec patience et gratitude. Cette patience élève son rang et multiplie ses récompenses éternelles. Il ne suit pas ses passions : on l’appelle wali (ami d’Allah) ou awliyâ’ (les saints). Ces personnes sont rares.
Celui qui croit au Prophète, mais qui suit son ego (nafs). Il souffre dans ce monde et subira, dans l’au-delà, un séjour en Enfer proportionné à ses péchés, avant d’entrer au Paradis. Ce sont les pécheurs croyants (fâsiq).
Celui qui ne croit pas au Prophète. Même s’il découvre par la raison certaines des choses que l’Islam ordonne ou interdit, et qu’il agit conformément à ces principes, ou qu’il vit en accord avec les musulmans, un tel mécréant (kâfir) peut atteindre le bonheur et la prospérité dans ce monde, mais cela ne lui apportera aucun bénéfice dans l’au-delà.
Certains impies très mauvais réussissent même dans leurs affaires en ce monde, car Allah leur accorde facilité et succès — non comme une faveur, mais pour les laisser s’égarer davantage. Celui qui désapprouve un seul commandement de l’Islam devient mécréant (kâfir). Les mécréants n’entreront pas au Paradis et demeureront éternellement en Enfer.
Question : Pour avoir la foi, faut-il croire à tout ce que le Prophète (aleyhisselâm) a enseigné ?
Réponse : La foi (îmân) consiste à accepter avec le cœur et à approuver tout ce que le Prophète (aleyhisselâm) a dit et enseigné. Celui qui rejette ne serait-ce qu’une seule parole du Prophète, ou qui doute de sa véracité, commet la mécréance (kufr). Celui qui croit ainsi est un croyant (moumin) ; celui qui rejette est un mécréant (kâfir).
La foi est-elle la même chez tous ?
Question : La foi des Prophètes est-elle identique à celle des autres croyants, ou existe-t-il une différence entre elles ?
Réponse : Réponse : À ce sujet, l’Imâm Rabbânî (qu’Allah lui fasse miséricorde) écrit dans le Maktûbât:
« La foi (îmân), telle qu’elle figure dans les ouvrages des savants de l’ahl as-sunna, consiste à croire aux informations parvenues de notre Prophète et à exprimer cette croyance. Il est permis de l’exprimer dans toute langue, comme cela est mentionné dans Dourr al Yaktâ. Les actes d’adoration ne font pas partie de la foi, mais ils en augmentent la perfection et l’embellissent. L’Imâm-i A‘zam Abû Hanîfa (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit : “La foi n’augmente ni ne diminue pas.” Car la foi est l’assentiment, l’approbation du cœur ; et cet assentiment n’a ni plus ni moins. Une croyance qui augmente ou diminue n’est pas de la foi, mais supposition ou illusion. Quand on parle de foi parfaite ou incomplète, on vise en réalité la quantité des œuvres : plus il y a d’adorations, plus la perfection de la foi est grande. Ainsi, la foi des croyants n’est pas comme celle des Prophètes : par leurs œuvres, leur foi a atteint le sommet de la perfection ; celle des autres n’y parvient pas. Bien que les deux soient “foi” en essence, la première, grâce aux œuvres, est d’un autre ordre, au point qu’on dirait qu’il n’y a plus de ressemblance. Tous les croyants partagent l’humanité avec les Prophètes, mais d’autres qualités et mérites ont élevé ces derniers à des degrés sublimes ; leur humanité semble d’un ordre supérieur — au point qu’on dirait qu’eux sont pleinement l’Homme, et que les autres ne le sont qu’imparfaitement.
Abû Hanîfa dit : “Qu’on dise : Je suis assurément croyant.” Ash-Shâfi‘î dit : “Qu’on dise : Je suis croyant, si Allah le veut (inshâ’ Allâh).” Les deux formules sont justes : lorsqu’on parle de sa foi présente, on dit : “Je suis assurément croyant.” ; lorsqu’on parle de sa foi au dernier souffle, on peut dire : “Je suis croyant, si Allah le veut.” Et même là, il vaut mieux éviter le ton du doute et dire : **“assurément.”*
La foi, c’est croire à ce qui est révélé
Question : Doit-on apprendre et croire aux choses que la religion ordonne de croire après les avoir expérimentées ou examinées par la raison, ou bien faut-il y croire comme notre Prophète l’a transmis ?
Réponse : S’agissant des choses dont la religion prescrit la croyance, si l’on consulte les sciences expérimentales : on croit quand cela concorde avec l’expérience, et si l’on ne peut pas le prouver expérimentalement, on ne croit pas ou l’on hésite ; alors on a cru à son expérience et non au Messager d’Allah. Une telle foi n’est ni complète ni valable ; en vérité, ce n’est pas la foi, car la foi ne se fragmente pas et n’a ni plus ni moins.
Si l’on tente d’évaluer les connaissances religieuses par la philosophie, on finit par croire au philosophe, et non au Prophète. Certes, pour reconnaître l’existence d’Allah et que Muhammad (aleyhisselâm) est le Prophète d’Allah, l’aide de la raison, de la philosophie et des sciences expérimentales est grande. Mais après avoir cru au Prophète grâce à cette aide, il n’est pas correct de soumettre chacun de ses enseignements à la raison, à la philosophie ou aux sciences, car de nombreux savoirs acquis par ces voies évoluent avec le temps : des exemples montrant que d’anciennes théories sont abandonnées quand de nouvelles apparaissent ne manquent pas dans la littérature.
Ainsi, la foi consiste à se fier, croire et adhérer à tous les commandements apportés et enseignés par le Messager d’Allah à l’humanité entière. Refuser l’un de ces savoirs, ou en douter, est mécréance (kufr) et négation, car ne pas faire confiance au Messager revient à l’accuser de mensonge ; or, la duplicité est un défaut, et celui qui a un défaut ne peut être Prophète.
Avoir la foi signifie croire à tout ce qui est clairement exposé dans les Textes (le Coran) et dans les hadiths connus de manière nécessaire, ainsi qu’à ce qui est établi par consensus (ijmâ‘). Ici, ijmâ‘ signifie l’accord des Compagnons. Si une question n’a pas été transmise par consensus des Compagnons, alors le consensus des Successeurs (Tâbi‘în) fait foi ; à défaut, c’est le consensus des Successeurs des Successeurs (Taba‘ at-Tâbi‘în).
En somme : La foi, c’est approuver et croire — sans consulter la raison, l’expérience ou la philosophie — à tout ce que Muhammad (aleyhisselâm) a apporté en tant que Prophète. Si l’on croit parce que « cela convient à la raison », on a approuvé la raison, non le Messager.
Question : Quelqu’un devient-il croyant par une forte présomption (beaucoup d’“opinion probable”), ou faut-il bien connaître ce à quoi l’on croit ?
Réponse : Les adorations peuvent être valides avec une forte présomption. Mais la foi (îmân), c’est la croyance (i‘tiqâd) : elle n’est pas valide par la simple présomption ; elle l’est par une connaissance correcte.
Les hommes ont, par nature, un sens religieux
Question : Quel que soit le peuple, croyant ou non, tout être humain possède-t-il un instinct de croyance, un sens religieux ?
Réponse : Dans la péninsule Arabique où l’Islam est apparu, on adorait les idoles et les statues ; les esprits étaient figés dans la croyance en de multiples divinités. C’est pourquoi l’Islam a beaucoup insisté sur la gravité du polythéisme (shirk), et que l’entrée en Islam commence par la Parole de l’Unicité (Kalimat at-Tawhîd).
Les hommes sont, par nature, dotés d’un sens religieux. Ainsi, celui qui ne croit pas en Allah est tenu pour malade de l’âme, privé d’un grand soutien spirituel, dans un état digne de compassion. Comme l’a dit un penseur européen : « Être religieux est un grand bonheur, mais je n’ai pas pu atteindre ce bonheur. »
Question : La foi d’une personne qui perd la raison après être devenue musulmane subsiste-t-elle ?
Réponse : En matière de foi, d’adorations et d’actes, Allah le Très-Haut n’impose pas à Ses serviteurs ce qui dépasse leurs capacités. Ainsi, celui qui devient fou, inconscient, endormi ou qui meurt dans cet état reste musulman, même s’il ne peut plus « confirmer » à ce moment.
Question : Pour être musulman, faut-il aussi que le nafs (l’âme charnelle) croit ?
Réponse : Non. Il n’est pas nécessaire que le nafs croie. Si des pensées menant à la mécréance viennent du nafs au cœur, mais que la personne ne les prononce pas, c’est un signe de la force de sa foi.