Pourquoi les noms d’Allah et des anges ne sont-ils donnés qu’aux garçons ?
Question : Pourquoi les noms d’Allah et des anges ne sont-ils donnés qu’aux garçons ? Et, puisqu’on ne peut parler ni de masculinité ni de féminité à propos d’Allah et des anges, pour quelle raison emploie-t-on le pronom personnel huwa, qui est de genre masculin ?
Réponse : Commençons par répondre à la deuxième question : cela tient aux particularités de la langue arabe. Dans de nombreuses langues, il y a non seulement des pronoms différents, mais aussi des articles spécifiques au masculin et au féminin qui déterminent les mots. En français on parle d’article, en allemand d’Artikel. On appelle mudhakkar le genre masculin (masculin en français) et mu’annath le genre féminin (féminin). En français, on emploie le pour les mots masculins et la pour les mots féminins. Les choses et les mots n’ont pas en eux-mêmes de masculinité ou de féminité, mais telle est la règle de la langue. Donnons quelques exemples de mots passés en turc :
Pour des mots comme le tracteur, le train, on utilise l’article défini réservé au masculin.
Pour des mots comme la bicyclette, la radio, on utilise l’article défini réservé au féminin.
On peut monter dans un train comme sur une bicyclette : l’un est exprimé par un mot féminin, l’autre par un mot masculin. Autrement dit, cela n’a absolument rien à voir avec le fait d’être “mâle” ou “femelle” ; c’est simplement une règle de la langue.
En allemand, il y a der (masculin) et die (féminin), et aussi das, article pour ce qui n’est ni masculin ni féminin (neutre). C’est encore une particularité de cette langue : der Tisch [table], die Tür [porte], das Fenster [fenêtre], etc.
En arabe aussi, on emploie huwa pour l’homme et hiya pour la femme. C’est une particularité de cette langue. Pour Allah Très-Haut et pour les anges, on utilise également le pronom personnel huwa, qui est celui utilisé pour le masculin.
L’Imâm Rabbânî dit : « Les anges ne sont ni mâles ni femelles. Si, dans le Coran, ils sont exprimés au moyen de pronoms réservés aux hommes, c’est par égard à leur supériorité. De même, Allah Très-Haut parle de Lui avec un tel pronom. » (Maktûbât, 1/266)
Les noms d’anges tels que Cebrâil (Jibrîl/Gabriel), Mikâil (Mîkâ’îl), Isrâfil et Ridwân sont donnés à des garçons. En revanche, Melek (qui signifie « ange ») est donné à des filles. Les chrétiens prennent les anges pour des filles, mais que leurs noms soient donnés à des hommes ou à des femmes, les anges ne sont ni mâles ni femelles.
Quant aux Noms d’Allah, on les féminise pour les donner à des femmes : par exemple, on dit Latîf pour un homme et Latîfe pour une femme.
Le mot Allah est un nom propre. Il n’a d’équivalent dans aucune langue. Le mot Allah n’est ni masculin ni féminin : il n’implique donc ni masculinité ni féminité. En revanche, le mot ilah (« divinité, dieu ») a un équivalent dans chaque langue et, dans certaines, il existe une forme masculine et une forme féminine. Par exemple : en arabe ilah/ilahah, en turc Tanri/Tanriça, en anglais God/Goddess, en français Dieu/Déesse, en allemand Gott/Göttin, etc. Aucun de ces mots ne peut remplacer le Nom “Allah”. Pour le sens de Allah, il faut n’employer que le mot Allah, car Allah Très-Haut dit : « Mon nom est Allah. Invoquez-Moi et adorez-Moi en disant Allah. » Il convient donc d’utiliser ce qu’Il a Lui-même enseigné.
Pour le sens général d’ilah (« dieu »), chaque peuple emploie le mot de sa propre langue, mais le mot “Allah” est le même dans toutes les langues.