Pourquoi ne dort-on pas pendant le temps de karâha ? Quelle en est la sagesse ?

Existe-t-il un hadith qui dit : “Si vous dormez pendant le temps de "karâha" et que vous vous réveillez en bonne santé, remerciez(-en Allah)” ?

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3 déc. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer

Cher frère, chère sœur,

Sous la forme exacte mentionnée dans la question, nous n’avons pas trouvé de hadith. Le récit suivant peut toutefois avoir un sens proche :

 « Après la prière de l’‘asr (l’après-midi), celui qui dort puis perd la raison ne doit blâmer que lui-même. » (Kanz al-'Ummal, hadith n° 41362)

Dans Majma‘ al-Zawa’id, il est indiqué que ce hadith est faible (voir Majma‘ al-Zawa’id, 5/116).

Comme on le sait, pour la journée, il existe trois moments de sommeil et trois statuts juridiques différents :

1- Le premier est la Ghaylûla : Le temps de ce sommeil commence avec l’entrée de l’heure de la prière du matin (salat al-fajr) et se prolonge jusqu’à environ 45 minutes après le lever du soleil, c’est-à-dire jusqu’à la fin du temps de karâha.

Ce moment est considéré comme un temps pour se préparer au travail de la journée et profiter de la fraîcheur. Après le lever du soleil, un certain relâchement apparaît, ce qui brise l’ardeur au travail et cause un manque de bénédiction. C’est pour cela que, dans certains hadiths, ce sommeil est qualifié de « hilâf as-sunna / contraire à la sunna ».

2- Le deuxième type de sommeil est la faylûla. Ce temps commence après la prière de l’‘asr (l’après-midi) et se poursuit jusqu’à la prière du maghrib (coucher du soleil). Ce sommeil provoque chez la personne une certaine torpeur, un état de demi-sommeil, comme une sorte d’abrutissement. C’est comme s’il contribuait, en un sens, à raccourcir la vie de l’homme. Dans le hadith cité plus haut, la mention de la « perte de la raison » renvoie à l’intensité de cet état de confusion.

Comme c’est généralement à ce moment-là que l’on voit les résultats des actions accomplies pendant la journée, celui qui dort à cette heure-là est comme quelqu’un qui n’aurait pas vécu pleinement sa journée et qui n’en verrait pas le résultat spirituel. C’est pour cette raison que ce sommeil est également considéré comme makrûh (répréhensible) dans le hadith.

3- Le troisième sommeil est la Qaylûla. Ce sommeil est sunnah. Il commence à partir du temps du duhaa et se prolonge jusqu’à peu après le zénith / début de l’après-midi. Une demi-heure de Qaylûla équivaut à deux heures de sommeil nocturne.

Ce sommeil aide le croyant à accomplir plus facilement la prière de tahajjud (prière nocturne). Par la fraîcheur et la vitalité qu’il procure, il contribue aussi au rythme de travail et augmente l’énergie de l’activité. (Sur ce sujet, voir : Nursî, Lem’alar, Vingt-huitième Lem’a.)

Avec salutations et prières...

L'Oasis

3 déc. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer
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