Peut-on devenir prophète en travaillant (en faisant des efforts) ?

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13 nov. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer

Question : Certains disent : « La prophétie s’obtient par l’effort. » Peut-on devenir prophète en travaillant (en faisant des efforts) ?

Réponse : La nubuwwa (la prophétie) ne s’obtient ni par le travail ni par l’abondance d’‘ibâda. Elle n’advient que par le don (ihsân) et l’élection d’Allah ta‘ala.

Le vénéré Imâm Rabbânî (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit :

"Les perfections de la nubuwwa ne se réalisent que par le don d’Allah ta‘ala. Par le travail et l’effort, on ne peut obtenir cette immense grâce. Aucun effort ne peut faire acquérir cette grande faveur. Aucune ascèse (riyâda) ni aucune mujâhada (lutte spirituelle) ne peut faire atteindre cette haute grâce. La wilâya (sainteté), elle, n’est pas ainsi. Son début peut être acquis. Elle peut se réaliser par la riyâda et la mujâhada.

Il est possible que quelques rares personnes soient élevées au rang de walâya (sainteté) même sans effort ni lutte.

La walâya, c’est le fanâ et le baqâ. Et le fanâ et le baqâ sont, eux aussi, des dons (ihsân) d’Allah ta‘ala. Après que l’on ait acquis par l’effort les commencements de ce chemin, Allah ta‘ala accorde ensuite, à qui Il veut, la grâce du fanâ et du baqâ et les honore ainsi.

Les mujâhadas (efforts spirituels) qu’accomplit notre Prophète Muhammad (sallallahu ‘alayhi wa sallam), avant que sa prophétie ne lui soit annoncée et après, n’étaient pas pour obtenir cette grâce (la nubuwwa). Elles avaient d’autres sagesses : diminuer le poids du jugement au Jour du Compte, effacer les imperfections liées à l’humanité, élever encore davantage ses degrés, observer la plus parfaite bienséance lorsqu’il parlait avec les anges qui ne mangent ni ne boivent, multiplier les prodiges et les miracles nécessaires au rang de la prophétie, et d’autres subtilités encore.

Les prophètes ont atteint cette grâce sans intermédiaire. Les Compagnons des prophètes, en les suivant, en ont été les héritiers ; par l’intermédiaire de leur prophète, ils ont été honorés par cette grâce. Après les prophètes et leurs Compagnons, très peu de gens ont été honorés par ce don. À d’autres encore, cette grâce peut être accordée en suivant ces héritiers, en étant leur continuateur." (1/301)

La prophétie ne s’obtient pas par l’effort

Question : Tous les prophètes envoyés par Allah ta‘ala sont-ils au même degré, au même rang ? Et comment obtient-on la prophétie ?

Réponse : Le prophète qui vient avec une nouvelle religion est appelé Rasul. Celui qui ne vient pas avec une nouvelle religion mais appelle les gens à la religion précédente est appelé Nabî.

Dans le fait de transmettre les ordres d’Allah ta‘ala et d’appeler les gens à Sa religion, il n’y a aucune différence entre le Rasûl et le Nabî.

Avoir foi en les prophètes signifie : ne faire aucune distinction entre eux et croire qu’ils sont tous véridiques et sincères. Celui qui ne croit pas en l’un d’eux n’a, en réalité, cru en aucun d’eux.

La nubuwwa (la prophétie) ne s’obtient pas par l’effort, par la faim, les difficultés ou par de nombreuses 'ibada. Elle ne vient que par le don et l’élection d’Allah ta‘ala.

Allah ta‘ala a envoyé des religions par l’intermédiaire des prophètes afin que les affaires des gens, ici-bas et dans l’au-delà, soient droites et bénéfiques, qu’ils soient préservés des choses nuisibles, et qu’ils parviennent au salut, à la guidée (al-hidâya) et au repos.

Pour montrer que les prophètes disent la vérité, Allah ta‘ala les a renforcés par des miracles. Personne n’a pu s’opposer à ces miracles.

Celui qui accepte un prophète et croit en lui est appelé membre de la communauté (Umma) de ce prophète. Au Jour de la Résurrection, il sera donné la permission aux prophètes d’intercéder (shafa'a) en faveur de ceux de leur communauté qui auront beaucoup de péchés, et leur intercession sera acceptée.

Question : Que signifie la prophétie, et comment peut-on savoir si quelqu’un est prophète ? Y a-t-il un moyen de le comprendre ?

Réponse : L’imam Rabbânî (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit à ce sujet :

« Nous n’avons jamais vu de nos yeux le médecin Calinos, ni le savant en grammaire Amr Sibeveyh. Comment avons-nous compris qu’ils étaient des spécialistes dans ces sciences ? Nous savons ce qu’est la science de la médecine. Nous lisons les livres de Calinos, nous entendons ses propos. Nous apprenons qu’il donnait des remèdes aux malades et qu’ils guérissaient de leurs maux. À partir de là, nous croyons qu’il est médecin, n’est-ce pas ? De même, quelqu’un qui connaît la science du nahw (grammaire arabe), en lisant les livres de Sîbeveyh et en entendant ses paroles, comprend et croit qu’il est un savant du nahw. De la même manière, une personne qui comprend bien ce qu’est la prophétie, et qui étudie le Coran et les hadiths, comprend clairement que le vénéré Muhammad (sallallahu ‘alayhi wa sallam) se trouve au degré le plus élevé de la prophétie. Tout comme sa conviction à propos de ces deux savants ne chancelle pas, de même les calomnies et salissures des ignorants et des égarés ne peuvent en rien ébranler sa foi en le vénéré Muhammad (sallallahu ‘alayhi wa sallam). Car toutes les paroles et tous les actes du vénéré Muhammad (sallallahu ‘alayhi wa sallam) guident les gens vers la perfection, rectifient et rendent utiles leur foi et leurs œuvres, éclairent la guérison des maladies des cœurs et la disparition des mauvais caractères, et jettent une lumière sur la civilisation. C’est cela, la prophétie. »

13 nov. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer
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