Le rapport anal entre mari et femme (sexe anal) est-il permis ?
Certains disent que c’est un très grand péché, d’autres disent que si les deux parties sont consentantes, c’est normal. Lequel est correct ?
Cher frère, chère sœur,
Avoir un rapport sexuel avec la femme par l’orifice arrière / l’anus, sous quelque forme que ce soit, est catégoriquement haram. Si la femme y consent, elle devient elle aussi coresponsable de ce grand péché. Même entre époux, le rapport anal est appelé sodomie et il est interdit.
Dans le Coran, il est indiqué que l’un des objectifs principaux du rapport sexuel est la pérennité de la descendance, et que la femme est un “champ de culture” ; c’est pourquoi le rapport est autorisé à partir de l’organe sexuel de la femme (le vagin), tandis que la forme (position, etc.) est laissée libre dans ce cadre.
Allah dit :
« Ils t’interrogent au sujet des menstrues. Dis : “C’est une impureté (une gêne). Éloignez-vous donc des femmes pendant leurs menstrues et ne les approchez que lorsqu’elles sont purifiées. Lorsqu’elles se sont purifiées, allez vers elles de la manière qu’Allah vous a ordonnée.” Certes, Allah aime ceux qui se repentent et Il aime ceux qui se purifient. » (Baqara, 2/222)
Et dans le verset suivant :
« Vos femmes sont pour vous un champ de culture. Allez donc à votre champ comme vous le voulez, et préparez (par vos œuvres) quelque chose pour vous-mêmes à l’avance. Craignez Allah et sachez que vous Le rencontrerez. Et annonce la bonne nouvelle aux croyants. » (Baqara, 2/223)
Ces versets montrent que la relation intime est permise dans le cadre du “champ”, c’est-à-dire par le vagin, mais ne justifient pas le rapport anal, qui reste interdit, même avec consentement.
Selon cela, il est indiqué que la relation sexuelle est licite (halal) sous toutes ses formes tant qu’elle se fait par l’organe de procréation de la femme. Donc, la relation sexuelle par l’orifice anal (lieu des excréments) n’est pas licite.
Dans divers hadiths, il est rapporté que celui qui s’approche de son épouse autrement que par l’organe de procréation attire sur lui la malédiction d’Allah, et que cela est considéré comme une forme de sodomie.
Le Prophète (sas) dit :
« Celui qui s’approche de son épouse par le lieu des excréments a été maudit. »
Et :
« Celui qui s’approche d’un homme ou d’une femme par l’arrière (analement), Allah ne posera pas sur lui un regard de miséricorde. » (rapp. Abû Dâwûd, Nikâh 45 ; Musnad Ahmad I/86, II/444 ; Tirmidhî, Tahâra 102 ; Mishkât al-Masâbîh II/184)
Ces hadiths et d’autres semblables sont des preuves claires que le fait d’avoir un rapport sexuel avec la femme par l’anus / le lieu des excréments est haram. Par conséquent, le fait pour un homme d’avoir un rapport anal avec son épouse est interdit.
Cependant, comme la sharî‘a n’a pas fixé pour cet acte une peine précise de type hadd, la sanction ne rentre pas dans le cadre des peines légales fixes, mais dans celui des peines de ta‘zîr (sanctions laissées à l’appréciation de l’autorité). Pour cette raison, l’imam ou le juge doit infliger à celui qui commet cet acte une peine dissuasive et douloureuse, car même si c’est une peine de ta‘zîr, elle doit être suffisamment dure pour dissuader.
La mesure la plus importante pour de telles personnes est d’abord de se réfugier sincèrement auprès d’Allah, et de L’implorer jour et nuit pour qu’Il les délivre de ce fléau. Ensuite, elles doivent mettre leur volonté en action et montrer une véritable décision de cesser cet acte.
En ce qui concerne le repentir d’un tel péché, on peut répondre par ce verset :
« Dis : “Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment ! Ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. Car Allah pardonne tous les péchés. C’est Lui, certes, le Pardonneur, le Très Miséricordieux. Revenez vers votre Seigneur (revenez à Lui repentants) et soumettez-vous à Lui, avant que le châtiment ne vous atteigne, car ensuite vous ne serez plus secourus.” » (Zumar, 39/53-54)
Si Allah (qu’Il soit exalté) pardonne tous les péchés, bien sûr qu’Il pardonnera aussi celui-ci, à condition qu’il y ait repentir (tawba).
Le mot tawba signifie “retour”. C’est le fait, pour la personne, de revenir de l’état mauvais et pécheur dans lequel elle est tombée, à son état d’origine : bon, sans ce péché.
Si la mauvaise action se répète, cela signifie que le retour n’a pas encore eu lieu. Quand il y aura un renoncement définitif, sans retour en arrière, alors le retour (tawba) sera réalisé.
Ainsi, pour ces personnes, désespérer de la miséricorde d’Allah n’a aucun sens ; c’est même un péché. L’essentiel est qu’elles parviennent à réaliser un tel renoncement / repentir.
Avec salutations et prières...
L'Oasis