Faut-il aimer toute personne qui dit “Allah” ?
Question : Un ami dit : « Moi, j’aime toute personne qui dit “Allah”, même si elle est égarée. Car un poète célèbre ayant vécu avant les années 1950 dit : “Il faut donner un coup de pied aux sots qui tendent la main pour qu’on la baise / il faut embrasser le pied du croyant qui dit ‘Allah’.” C’est pourquoi j’aime toute personne, qui qu’elle soit, qui dit ‘Allah’. » Faut-il aimer toute personne qui dit “Allah” ?
Réponse : Aimer toute personne qui dit “Allah” est très faux. Dans notre religion, le critère est : on aime les amis de Dieu (Allah) et on n’aime pas Ses ennemis.
À cette époque, dire ouvertement « Allah » ou « Allahu akbar » était dangereux. De ce fait, ceux qui disaient « Allah » n’exploitaient pas la religion : ils le disaient uniquement parce qu’ils croyaient en Dieu. À ce moment-là, celui qui disait « Allah » était considéré comme valable.
Je me souviens de ces jours-là. Au village, lorsque l’imam récitait l’appel à la prière en disant « Allahu akbar », si l’élève guetteur annonçait « Les gendarmes arrivent », l’imam, pris de peur, abandonnait l’adhan normal et se mettait à dire « Tanr? uludur » (« Dieu est grand » en turc). Quand nous lisions le Coran à la mosquée, nous montions la garde à tour de rôle. Le guetteur nous prévenait de l’arrivée des gendarmes. Nous cachions aussitôt les mushafs (exemplaires du Coran), car la lecture du Coran était interdite.
L’un des politiciens de cette époque, parce qu’il n’y croyait pas, ne prononçait jamais le mot « Allah ». Après le passage à la démocratie, quelques journalistes musulmans sont allés le voir : « Nous ne vous avons jamais entendu dire “Allah”. Pourquoi ne le dites-vous pas ? En tant que musulmans, nous sommes curieux », lui ont-ils dit. Il a répondu : « Puisque vous le voulez, je le dis : Qu’Allah vous maudisse. » Il a prononcé le mot « Allah » en maudissant les musulmans. Comment aimer des gens qui n’emploient pas le nom d’Allah de façon sincère ?
De nos jours, certains politiciens ignorants de la religion, voire hostiles à la religion d’Allah, répètent constamment « Allah » par souci électoral. Par exemple : « Avec la permission d’Allah, nous développerons les activités sociales, nous lèverons les interdictions sur l’alcool. Inch’Allah, chacun pourra trouver de l’alcool partout jusque tard dans la nuit, et même les moins de 18 ans pourront en boire », disent-ils. Faut-il aimer des gens sous prétexte qu’ils disent sans cesse « Allah » dans leurs discours ?
Quand des personnes qui ne prient pas, ne jeûnent pas, et même ne croient pas, disent « Allah », cela manque de sincérité : c’est l’exploitation de la religion, une tromperie.
Et même parmi ceux qui disent « Allah » avec sincérité, s’ils relèvent de l’innovation blâmable (bid‘a), on ne les suit pas non plus.
En conclusion, dire seulement « Allah » ne suffit pas. Il faut à la fois être sincère et avoir une foi correcte.