Dire « mon maître », « monsieur » à un non-musulman est-ce de la mécréance ?
Question : Dire « mon maître », « monsieur » à un non-musulman est-ce de la mécréance ?
RÉPONSE : Considérer avec mépris (tahkîr) ce qu’il est ordonné d’honorer (ta'zîm), et honorer ce qu’il est ordonné de mépriser, est de la mécréance. (Sharh Wasiyyat al-Imam al-Birgawî)
Dans un hadith, il est dit : « Quand vous parlez avec un hypocrite [et avec tout genre de mécréant (kâfir)], ne dites pas : “mon maître”. » Honorer un oppresseur (zâlim) ou un kâfir, le saluer avec respect, lui dire “mon maître, mon professeur (ustad)”, est de la mécréance. (al-Bariqa)
Dire « mon maître » par respect est donc de la mécréance ; mais employer des formules habituelles, des mots d’usage ne constitue pas de la mécréance. Par exemple, au téléphone, dire à un non-musulman : « je vous écoute, monsieur » n’est pas de la mécréance, car c’est une simple formule d’usage.
En revanche, saluer un non-musulman avec “salâm” est considéré comme de la mécréance, car on ne fait pas de du'â’ (invocation) pour un kâfir, et le salâm est en réalité une prière (du'â’) de paix. Cependant, lorsqu’il s’agit de relations d’affaires ou de besoins, on peut, par pure habitude, leur adresser un salut : de toute façon, ils ne connaissent pas le sens du salâm.
Il n’y a pas de problème à employer des salutations ou des formules neutres comme : « Bonjour », « Good morning », « Guten Morgen », etc.
De même pour des termes comme Mister, Miss, Monsieur, Madame, Mademoiselle : c’est le même cas. À la fin d’un mail ou d’une lettre, on écrit « Sincerely », on met « dear » pour dire « cher / chère » : ces mots ne sont pas utilisés ici pour une véritable vénération, mais parce que c’est la formule habituelle.
On peut aussi utiliser ces expressions pour ne pas blesser le non-musulman : leur emploi est donc permis.