Dire d’une chose halal qu’elle est haram, est-ce de la mécréance ?
Question : Dans Le bonheur éternel, il est dit que celui qui déclare halal une chose qui est haram dans les quatre écoles juridiques devient mécréant (kâfir). Dire d’une chose halal ou obligatoire (fard) qu’elle est haram, est-ce aussi de la mécréance ? Peut-on donner quelques exemples ?
RÉPONSE Oui, c’est de la mécréance.
Exemples de choses qui sont haram :
1- Pour une femme en état de menstrues (hayd) ou de lochies, accomplir la prière, jeûner ou entrer dans la mosquée est haram dans les quatre écoles. (Le bonheur éternel)
2- Pour les hommes, regarder une femme étrangère (non-mahram) en dehors de son visage et de la paume de ses mains, intérieure et extérieure, est haram dans les quatre écoles. (Radd al-muhtar)
3- Pour un homme ou une femme en état de grande impureté, accomplir, sans avoir fait le ghusl (bain rituel), un des actes d’adoration qui ne sont pas permis sans pureté rituelle, est haram dans les quatre écoles. (al-Fiqh 'ala l-madhâhib al-arba'a)
4- Le mariage de jouissance (mut'a) ou mariage temporaire est haram et nul dans les quatre écoles. (Mizânu’l-Kubrâ)
5- Dans Durr al-Mukhtâr, il est dit : « Lorsqu’on récite le Coran, faire du teganni (récitation mélodieuse) d’une manière qui n’ajoute aucune lettre et ne déforme pas les mots est permise et belle. Dans le cas contraire, c’est haram. Dire à celui qui récite ainsi : “Que tu as bien récité !” comporte un risque de mécréance. »
En commentant cette parole, Ibn Âbidîn explique : On a dit que la personne qui dit à un hâfiz qui récite avec un tel teganni : « Comme tu as bien récité » devient mécréante, car celui qui dit “c’est beau” d’une chose qui est haram dans les quatre écoles devient kâfir. (Radd al-muhtar)
6- Les boissons enivrantes sont, dans les quatre écoles, une impureté grave comme le vin. (al-Fiqh 'ala l-madhâhib al-arba'a)
7- Pour les hommes, porter une bague en or n’est pas permis dans les quatre écoles. (al-Mawahib al-Ladunniyya)
Exemples de choses obligatoires (fard)
1- Croire à l’ijmâ‘ (consensus) des quatre écoles est fard ; celui qui n’y croit pas devient kâfir. (Radd al-muhtar)
2- Au début de la prière, prononcer le takbîr d’ouverture (tekbir) est fard dans les quatre écoles. (La moralité islamique)
3- Faire connaître aux musulmans la gravité d’une innovation blâmable (bid‘a) qui se répand est fard dans les quatre écoles. Il y a sur cela un ijmâ‘ de la communauté. (Maktûbât Mâsûmiyya)
Celui qui, concernant une chose qui est haram dans les quatre écoles, la fait ou la dit par amour, en la trouvant belle et en la considérant halal, devient mécréant (kâfir).
Mais celui qui la fait par habitude, en suivant son nafs, ou sans le vouloir, tout en en étant attristé, commet certes un péché, mais il ne devient pas kâfir.