Allah crée-t-Il des gens mécréants, ou le deviennent-ils par leurs propres choix ?
Question : On entend dire : « Être musulman, trouver la bonne voie, c’est une question de nasib (part, destinée). » Puisque c’est Allah qui crée le nasib, pourquoi crée-t-Il les autres sans nasib ? Créer quelqu’un sans nasib, est-ce conforme à la justice ?
Réponse : Allah Très-Haut n’a créé personne sans nasib, ni comme kafir dès le départ. Allah sait, par Sa science éternelle (ilm azali), tout ce qui est passé et tout ce qui viendra. Par exemple, Il sait si un kafir restera kafir pour l’éternité ou non. Il sait comment se produiront les choses à venir.
Comme Allah Très-Haut sait ce qui arrivera aux gens, Il a écrit tout cela sur le Lawh al-Mahfouz (Table préservée). Le fait qu’Allah informe que certains seront sans nasib, c’est parce qu’Il sait qu’eux-mêmes, par leur propre volonté, voudront rester sur le kufr, qu’ils ne voudront pas l’iman (la foi). Ce n’est donc pas parce qu’Allah l’a annoncé qu’ils deviennent kafir ; au contraire, Allah l’annonce parce qu’Il sait ce qu’ils choisiront librement.
Dans le Coran (sourate ash-Shams, versets 7-10), il est dit, en ce sens :
Par l’âme (nafs) et Celui qui l’a équilibrée, et Lui a inspiré son mal (fujur) et sa piété (taqwa), certes, a réussi celui qui la purifie, et a perdu celui qui la laisse se corrompre.**
L’être humain est libre d’utiliser son irada djuz’iyya (sa petite volonté, libre arbitre partiel), il n’y est pas forcé. Si l’irada djuz’iyya est utilisée pour le bien (khayr), Allah crée le bien ; si elle est utilisée pour le mal (sharr), Allah crée le mal. Le serviteur utilise son irada djuz’iyya, et Allah crée l’acte correspondant. (Traité sur l’irada djuz’iyya)
Ainsi, à celui qui veut le bien, Il donne le bien, et il devient pourvu de part. À celui qui veut le mal, Il donne le mal, et il devient sans nasib. Ici, il n’y a aucune contrainte. C’est-à-dire : Allah ne force pas à commettre le péché, Il ne jette pas de force en Jahannam (l’Enfer). C’est donc une erreur que de rejeter la faute sur le qadar en disant :
« Si j’ai fait ce péché, c’est la faute de mon destin. »