Y a-t-il égalité entre l’homme et la femme ?

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Manuel 3 vues
3 déc. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer

Cher frère, chère sœur,

À cette question, il est très difficile de répondre immédiatement par « oui » ou « non ». Car, telle qu’elle est posée, elle n’est pas assez précise. Il faut la reformuler par une autre question : où ? dans quel domaine ? à quel égard ? Si la question porte sur l’égalité sur le plan juridique, on peut répondre : oui.

Mais si l’on entend : « dans tous les domaines, sous tous les aspects », alors il devient presque inutile de répondre, car la réponse se trouve déjà dans la question. Puisqu’on parle de deux sexes différents, comment pourrait-on imaginer une égalité absolue ?

Il y a des domaines où l’homme et la femme sont égaux, et d’autres où l’homme dépasse largement la femme, ou au contraire où la femme dépasse largement l’homme. On ne peut donc pas résoudre le sujet en un seul point.

Si l’on demande : « Y a-t-il une différence entre l’homme et la femme quant au fait d’être une bonne personne, une personne supérieure ? », alors nous désirons préciser ceci : l’autorité / la domination est une chose, la supériorité et la vertu en sont une autre. Sur ce second point, il est très difficile de dire à la légère : « celui-ci est supérieur » ou « celle-là est supérieure ».

Car, qu’il soit homme ou femme, tout être humain est serviteur d’Allah. Celui qu’Il élève au-dessus des autres, qu’Il aime davantage et dont Il est satisfait, c’est à lui seul que revient la véritable supériorité.

Quand nous regardons le Coran, ce décret divin, nous voyons que, comme critère de supériorité, ce n’est pas le sexe qui est mis en avant, mais la taqwâ. Oui, auprès d’Allah, la mesure de la supériorité, c’est la taqwâ.

Qu’est-ce que la taqwâ ? En formule très brève : craindre Allah, se préserver des péchés, s’éloigner des actes, attitudes, états et paroles qu’Il n’agrée pas. Considérer que rechercher Son agrément est le but le plus élevé, et craindre intensément de le perdre.

Celui ou celle qui agit ainsi est la personne véritablement supérieure et vertueuse. À ce niveau-là, le sexe n’entre pas en ligne de compte.

Quand on parle de taqwâ, nous pensons tout de suite aux bonnes œuvres (salih amel). Les bonnes œuvres, c’est-à-dire accomplir des actes utiles et beaux. Là encore, on ne tient pas compte du sexe. Par exemple, si pour chaque lettre du Coran récitée il est donné dix récompenses, cela vaut pour tous les humains. Il n’est pas question que la femme reçoive moins de récompense et l’homme davantage.

On peut aussi aborder la question sous l’angle psychologique et demander : « Y a-t-il des différences psychologiques entre l’homme et la femme ? »

À cette question, nous répondons sans la moindre hésitation : bien sûr que oui. Les différences psychologiques entre l’homme et la femme commencent à se manifester dès l’enfance. Les jouets des garçons et des filles sont différents. Une petite fille aime surtout les poupées. À cet âge où elle ne sait même pas encore ce qu’est le mariage, elle serre ses poupées contre son cœur, les embrasse, change leurs vêtements, les berce dans un berceau et les endort. Elle passe une grande partie de la journée avec elles. Le petit garçon, lui, s’intéresse davantage à des jouets comme la voiture, l’avion, le pistolet, etc.

Quand ces enfants grandissent, ce sont cette fois leurs sujets de conversation qui changent. Dans les réunions d’hommes, on parle plutôt de vie professionnelle ou de politique, tandis que chez les femmes, ce sont surtout les objets de la maison et les ouvrages de tricot / couture qui passent au premier plan.

Du point de vue des aptitudes, il y a aussi une différence marquée entre les deux sexes. L’homme est plus avancé dans l’analyse et la synthèse, la femme dans l’imitation et la mémoire. Pour l’exprimer par un exemple : l’homme est plus apte que la femme à concevoir une œuvre architecturale, à en disposer harmonieusement toutes les parties. La femme, elle, dépasse l’homme lorsqu’il s’agit de décorer un de ces espaces par de fines broderies et des détails délicats.

L’homme est plus tourné vers le monde extérieur. En matière de tendresse, il est en deçà de la femme, mais il la dépasse en esprit d’initiative. La femme, quant à elle, est relativement plus intériorisée que l’homme. Le plus grand avantage de cela, c’est le soin et l’attention qu’elle montrera à son enfant et à son foyer.

Les faiblesses de ces deux sexes sont également différentes : chez l’homme, on trouve la maladie de la domination et de la pression ; chez la femme, le fléau de l’ostentation et du “que dira-t-on de moi ?”.

La caractéristique la plus marquée de la femme est sa sensibilité. On appelle cela la réceptivité / émotivité. La femme est plus sensible que l’homme aux influences de son environnement. Par conséquent, elle est aussi plus disposée à être influencée par les suggestions et à être trompée.

Chez la femme, la faculté d’intuition est beaucoup plus forte que chez l’homme. Elle a un besoin plus grand de changement, elle est plus ouverte à la nouveauté et à l’excitation. En termes de taille physique, de force et de puissance, la femme est généralement en retrait par rapport à l’homme. En conséquence, le besoin de protection / de refuge se fait davantage sentir chez elle. Mais chez certaines, ce besoin se transforme en complexe d’infériorité, qui s’exprime alors sous la forme d’un complexe de virilité.

La femme est plus attachée à son compagnon de vie (par rapport à lui), elle lui est plus fidèle. Dans l’amour du bas-monde (dunyâ), elle dépasse l’homme.

Il faut évaluer la femme dans cette psychologie-là, et travailler non pas à la viriliser, mais à en faire une femme idéale.

Jetons un coup d’œil autour de nous : chez tous les êtres vivants, il y a une harmonie parfaite entre les corps et les âmes. Mettre une âme de gazelle dans un corps de lion et la forcer à agir comme un lion nuira d’abord à cette âme délicate : à chaque rugissement, elle perdra un peu de sa finesse intérieure ; à chaque assaut, elle détruira une partie de sa beauté propre.

De la même manière, pousser la femme à adopter des comportements masculins au nom de « l’égalité homme–femme » nuit avant tout… à la femme elle-même.

En réalité, toutes les activités délibérées et intenses menées dans ce domaine n’ont, d’une certaine manière, rien changé. En partant du principe « le jugement se fait selon la majorité », on peut dire ceci :

Les femmes sont encore, bien plus que patronnes d’usine, ouvrières ; bien plus que juges, greffières ; bien plus que cheffes / supérieures hiérarchiques, secrétaires ; bien plus que pilotes, hôtesses de l’air ; bien plus que patronnes, vendeuses derrière le comptoir. Car il est impossible de changer la création.

Malheureusement, nous n’avons jamais su donner à la femme la place qui lui revient. Soit nous avons essayé d’exercer sur elle une domination excessive, comme si sa subsistance dépendait de nous, en la traitant injustement ; soit nous lui avons donné trop de possibilités, nous l’avons poussée à convoiter la virilité, et nous l’avons ainsi ruinée.

Avec salutations et prières...

L'Oasis

3 déc. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer
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