Qu’est-ce que la foi ? (1/2)
Qu’est-ce que la foi (îmân) ?
RÉPONSE :
La foi consiste à croire aux six principes fondamentaux enseignés, à croire à tous les ordres et interdits transmis par Allah le Très-Haut à travers Muhammad (aleyhisselâm), et à exprimer verbalement cette croyance.
L’Âmentü est ainsi :
Améne-tou billahi wé mélâikétihi wé kutoubihi vé rousoulihi wél yéwmil âkhiri wé bil-kaderi khaïrihi wé chérrihi min Allâhi taâlâ wel ba'çou ba’dèl méwtî hakkoun. Éch-hédou en lâ ilâhé illallah vé éch-hedou enne Mouhamméden abdouhou wé rasoulouhou.
[C’est-à-dire : je crois en Allah, en Ses anges, aux livres qu’Il a révélés, à Ses prophètes, au Jour dernier, au destin, que le bien et le mal viennent d’Allah, et à la résurrection après la mort.
J’atteste qu’il n’y a pas de divinité en dehors d’Allah et que Muhammad (aleyhisselâm) est le serviteur et le dernier Prophète d’Allah.]
La foi consiste à accepter, approuver et croire à la religion transmise par Muhammad (aleyhisselâm) en tant que Prophète, sans chercher à savoir si elle est conforme ou non à la raison, à l’expérience ou à la philosophie.
Croire parce que cela semble logique revient en réalité à croire en la raison, et non à croire au Messager. Ou bien, croire à la fois au Messager et à la raison, c’est partager sa confiance entre les deux ; dans ce cas, la confiance envers le Prophète n’est pas totale. Et sans confiance totale, il n’y a pas de véritable foi.
Allah le Très-Haut dit : « Ils croient à l’invisible » (c’est-à-dire, à tout ce que Mon Messager leur a annoncé sans qu’ils ne le voient) — Sourate Al-Baqara, verset 3.
Et le Messager d’Allah (aleyhisselâm) a dit : « Il n’y a rien de plus nuisible à la religion que celui qui veut juger la religion à l’aide de sa raison. » (Rapporté par Tabarânî)
Une personne qui ne croit pas au mauvais œil, et qui dit ensuite : « Aujourd’hui, la science explique que des rayons invisibles peuvent agir. Par exemple, avec une télécommande, nous pouvons allumer ou éteindre la télévision, la radio ou même notre voiture. Ainsi, je crois maintenant que les rayons émis par les yeux peuvent être nuisibles. »
Une telle croyance n’a aucune valeur, car cette personne ne croit pas en raison de la religion, mais à cause des rayons qu’elle assimile à un phénomène scientifique. Autrement dit, elle croit non pas uniquement au Prophète, mais à la fois au Prophète et à la science. Elle croit parce que la science l’a confirmé, parce qu’elle a vu les effets des rayons ; or, une telle croyance n’est pas la foi véritable (îmân).
Dans la religion, il faut croire à tout ce qu’elle enseigne, même si la science ne peut pas le prouver, même si l’on n’en perçoit pas directement les effets bénéfiques ou nuisibles. La vraie foi consiste à croire à l’invisible, c’est-à-dire croire sans voir. Croire après avoir vu, ce n’est plus de la foi, mais simplement reconnaître ce que l’on constate.
Le verset 3 de la sourate Al-Baqara fait l’éloge de ceux qui croient sans voir. Les six piliers de la foi exigent justement cette croyance en l’invisible, car aucun d’eux n’a été vu de nos yeux.
Le Prophète (aleyhisselâm), en expliquant les versets relatifs à la foi, a défini celle-ci de la manière suivante :
« La foi (îmân), c’est croire en Allah, en Ses anges, en Ses livres, en Ses prophètes, au Jour dernier (c’est-à-dire au Jour du Jugement, au Paradis, à l’Enfer, au compte et à la balance des actions), au destin, que le bien et le mal viennent d’Allah, à la mort et à la résurrection après la mort. C’est attester qu’il n’y a pas d’autre divinité qu’Allah, et que je suis Son serviteur et Son messager. » (Hadith rapporté par Boukhari, Mouslim et Nesâî)
Dans le Saint Coran, on lit la traduction suivante :
« La véritable bonté consiste à croire en Allah, au Jour dernier, aux anges, aux Livres et aux prophètes. » (Sourate Al-Baqara, verset 177)
« Ils croient à l’invisible (c’est-à-dire à Allah, aux anges, au Jour de la Résurrection, au Paradis et à l’Enfer, bien qu’ils ne les aient jamais vus). » (Sourate Al-Baqara, verset 3)
« Ils croient à ce qui t’a été révélé et à ce qui a été révélé avant toi, et ils croient fermement à la vie future. » (Sourate Al-Baqara, verset 4)
Dans ces trois versets, il est enseigné de croire en Allah, à l’au-delà, aux anges, aux Livres, aux prophètes et à l’invisible (ghayb).
« Allah connaît ce qu’ils ont fait et ce qu’ils feront. » (Sourate Al-Baqara, verset 255)
« Nul ne peut mourir sans la permission d’Allah. » (Sourate Âl ‘Imrân, verset 145)
« C’est Allah seul qui a déterminé le moment de la mort. » (Sourate Al-An‘âm, verset 2)
Ces trois versets montrent que tout est déterminé par Allah, et ils affirment donc la croyance au destin (qadar).
« Lorsqu’un bien leur parvient, ils disent : “Cela vient d’Allah.” Mais quand un mal les atteint, ils disent : “Cela vient de toi.” Dis-leur : “Tout vient d’Allah !” — Mais ces gens ne comprennent pas le sens de ces paroles. » (Sourate An-Nisâ’, verset 78)
Ce verset enseigne que le bien et le mal proviennent d’Allah.
« Muhammad (aleyhisselâm) est le Messager d’Allah et le dernier des prophètes. » (Sourate Al-Ahzâb, verset 40)
Ce verset affirme que le Prophète Muhammad (aleyhisselâm) est bien le Messager d’Allah et le dernier des prophètes.
Le sens de l’Âmentü
Croire en Allah :
Croire en Allah le Très-Haut signifie croire de tout cœur à Son existence, à Son unicité, et qu’il n’existe pas d’autre divinité en dehors de Lui ; croire qu’Il a créé toute chose à partir du néant, qu’Il est le seul Créateur, et qu’il n’existe aucun autre créateur que Lui. C’est aussi accepter pleinement la religion qu’Il a transmise à travers Son dernier Prophète Muhammad (aleyhisselâm), envoyé comme miséricorde pour les mondes, et l’approuver de tout cœur. Traduction d’un verset du Coran : « Croyez en Allah et en Son Messager, le Prophète illettré ! » (Sourate Al-A‘râf, verset 158)
Croire aux anges :
Les anges sont des êtres de lumière (nourânî). Aucun d’entre eux n’a de sexe (ni masculin ni féminin). Il faut croire qu’ils sont innocents, purs, véridiques et dignes de confiance, et accepter leurs fonctions telles qu’Allah les leur a assignées. Traduction d’un verset du Coran : « La véritable bonté consiste à croire en Allah, au Jour dernier, aux anges, aux Livres et aux prophètes. » (Sourate Al-Baqara, verset 177)
Croire aux Livres :
Il faut croire que les Livres divins tels que le Zabour (Psaumes), la Tawrat (Torah), l’Injîl (Évangile), le Coran et les autres Livres révélés ont été envoyés par Allah le Très-Haut, et que tous étaient véridiques à leur origine. Cependant, il faut aussi savoir et admettre que les Livres antérieurs au Coran ont été altérés par les hommes et ne sont plus la parole d’Allah. Même si ces Livres n’avaient pas été modifiés, il faut croire qu’ils ont été abrogés (c’est-à-dire rendus caduques) par Allah le Très-Haut, car le Coran est la dernière révélation. Traduction d’un verset du Coran : « Ils croient à ce qui t’a été révélé et à ce qui a été révélé avant toi. »(Sourate Al-Baqara, verset 4)
Croire aux Prophètes :
Il faut croire que tous les prophètes ont été choisis par Allah le Très-Haut, qu’ils sont véridiques, sincères et préservés du péché. Celui qui rejette ou dénigre un seul prophète parmi eux devient mécréant (kâfir). Il faut croire que le premier prophète fut Adam (aleyhisselâm) et que le dernier est Muhammad (aleyhisselâm). Il faut accepter et croire que notre Prophète a transmis parfaitement et intégralement les enseignements de la religion, et approuver tous ses ordres et interdits. Traduction d’un verset du Coran : « Ceux qui croient à tous les prophètes et ne font aucune distinction entre eux obtiendront la récompense d’Allah. » (Sourate An-Nisâ’, verset 152)
Croire au destin (Qazâ et Qadar) :
Croire que tout a été prédestiné par Allah. Allah le Très-Haut a accordé à l’homme une volonté partielle (libre arbitre), et selon cette volonté, l’homme choisit et agit, mais toutes ses actions sont créées par Allah. Le bien comme le mal proviennent d’Allah : les serviteurs souhaitent une chose, et si Allah le veut, Il la crée. Il faut accepter et approuver cette vérité. Traduction d’un verset du Coran : « L’ordre d’Allah s’accomplira infailliblement : c’est un destin déjà écrit. » (Sourate Al-Ahzâb, verset 38)
Croire à l’au-delà :
Il faut croire qu’après la fin du monde (le Jour du Jugement), tous les êtres humains seront ressuscités, qu’ils seront jugés, et qu’après le compte (hisâb) et la balance des actions (mîzân), les Musulmans entreront au Paradis (Cennet) et les mécréants iront en Enfer (Cehennem), où chacun demeurera éternellement selon son sort. Traduction d’un verset du Coran : « Les croyants croient fermement au Jour dernier. » (Sourate Al-Baqara, verset 4)
Croire à la formule du témoignage de foi (Kelime-i Chahâdet) :
Il faut dire avec conviction : « Je témoigne, c’est-à-dire je sais et j’affirme comme si je le voyais, qu’il n’y a point de divinité en dehors d’Allah. Et je témoigne que Muhammad (aleyhisselâm) est Son serviteur, Son Messager et le dernier de Ses prophètes. » Traduction de deux versets du Coran : « Muhammad (aleyhisselâm) est le Messager d’Allah et le dernier des prophètes. »(Sourate Al-Ahzâb, verset 40) « Ceux qui croient en Allah et en Son Messager auront auprès de leur Seigneur leur lumière et leur récompense. » (Sourate Al-Hadîd, verset 19)
« Que signifie croire ? »
Question : Pour être musulman, il est nécessaire de croire aux six principes énoncés dans l’Âmentü. Mais que signifie croire ?
RÉPONSE :
Croire signifie accepter avec certitude, approuver, confirmer et aimer comme si l’on avait vu de ses propres yeux. Pour qu’une personne soit musulmane, elle doit avoir la foi (îmân), c’est-à-dire croire aux ordres et aux interdits de notre religion. Mais croire seulement ne suffit pas : il faut également aimer et approuver ces ordres. Cela relève d’un acte de connaissance et de conviction intérieure. Le fait d’accomplir ou non ces ordres est une chose liée au péché et à la récompense, tandis que le fait d’accepter, d’approuver et d’aimer relève de la foi (îmân). Les six piliers de la foi forment un tout indissociable et sont d’une importance capitale : ils ne supportent aucun doute. Même si l’on croit à tous, rejeter ou désapprouver ne serait-ce qu’un seul d’entre eux fait sortir de l’islam (c’est de la mécréance).
« Comment définit-on la foi ? » Question : Vous définissez la foi (îmân) ainsi : « La foi, c’est croire sans examen ni raisonnement, sans consulter la raison, l’expérience ou la philosophie, à tout ce que le Prophète Muhammad (aleyhisselâm) a enseigné en tant que Messager d’Allah. Croire parce que cela paraît raisonnable revient à croire à la raison, et non au Messager. Ou bien croire à la fois au Messager et à la raison : dans ce cas, la confiance envers le Prophète n’est pas totale, et sans confiance totale, il n’y a pas de véritable foi. La foi consiste à croire avec certitude aux six principes énoncés dans l’Âmentü, car Allah dit en louant les croyants : “Ils croient à l’invisible.” (Al-Baqara, 3). » Mais certains disent que cette définition contredit le Coran, notamment le verset 62 de la sourate Al-Baqara, selon lequel la foi ne concerne que la croyance en Allah et au Jour dernier. Cette définition n’aurait rien à voir avec « l’attitude muhammadienne ».
RÉPONSE : L’expression « attitude muhammadienne » est inappropriée. Elle est utilisée par des orientalistes et des missionnaires chrétiens qui ne croient pas que le Prophète Muhammad (aleyhisselâm) soit le Messager d’Allah, et qui prétendent que le Coran n’est pas la Parole d’Allah mais celle de Muhammad (aleyhisselâm) lui-même. Les choses auxquelles il faut croire ne se trouvent pas seulement dans le verset 62 de la sourate Al-Baqara. Pourquoi cacher les autres versets ? On ne peut pas recouvrir le soleil avec de la boue. La foi ne consiste pas uniquement à croire en Allah et au Jour dernier, mais à croire aux six principes de l’Âmentü. Dans le verset 3 de la sourate Al-Baqara, Allah loue ceux qui croient à l’invisible — c’est-à-dire, croient sans voir. Or, les six piliers de la foi portent justement sur des réalités invisibles, car nous n’en avons vu aucune. Savez-vous pourquoi le plus éminent des hommes après les prophètes, Abou Bakr as-Siddîq, a mérité le titre de Siddîk (“le Véridique”) ? C’est parce qu’il a dit : « Ce qu’Allah dit est vrai, et ce que dit le Messager d’Allah est vrai. » Les mécréants s’en étonnaient et disaient : « Muhammad a sûrement ensorcelé Abou Bakr ! Il croit sans voir, et il affirme qu’il est monté au Ciel (Mi‘râj) et revenu dans la même nuit ! »
Approuver l’Islam Question : Si quelqu’un croit aux six piliers de la foi (Âmentü), mais n’aime pas ou n’accepte pas un seul des commandements d’Allah — par exemple s’il dit : « L’Enfer est inutile » ou « L’interdiction du vin n’a pas de sens » — cette personne reste-t-elle croyante puisqu’elle admet les six principes ?
Réponse : Non, une telle personne n’est pas croyante. Dans l’Âmentü, il y a la foi en Allah. Et croire en Allah signifie croire en tous Ses attributs, mais aussi croire que tous Ses ordres et interdits — c’est-à-dire l’Islam — sont justes, sages et bons. Celui qui ne croit pas cela n’a pas de véritable foi. Ainsi, celui qui croit à l’Âmentü doit aussi approuver et aimer l’Islam, car l’Islam est composé des ordres et interdits d’Allah le Très-Haut. Ne pas aimer, ne pas approuver ne serait-ce qu’un seul de ces commandements constitue une mécréance (kufr).
De même, aimer pour Allah (houbb fillah) et détester pour Allah (bougd fillah) font partie des fondements de la foi. Aimer Allah signifie trouver beaux et parfaits tous Ses commandements et interdits. Il faut aimer Allah et Ses amis, et ne pas aimer ceux qu’Il n’aime pas. Hadith : « Celui qui aime pour Allah, déteste pour Allah, donne pour Allah et interdit pour Allah, est un véritable croyant. » (Rapporté par Abou Dâwoud)
La foi est nécessaire à tous
Question : La foi n’est-elle pas une nécessité rationnelle ?
Réponse : Le Prophète (aleyhisselâm) nous a informés que celui qui meurt sans foi brûlera éternellement dans le feu de l’Enfer. Cette parole est forcément vraie. Il est donc nécessaire d’y croire, comme il est nécessaire de croire à l’existence et à l’unicité d’Allah. Réfléchis : brûler éternellement dans le feu, que signifie cela ? Si une personne comprend vraiment ce que cela implique, elle devrait en perdre la raison de peur. Face à un tel désastre, tout être humain chercherait un moyen d’y échapper. Or, ce moyen est très simple : Croire sincèrement qu’Allah existe, qu’Il est unique, que Muhammad (aleyhisselâm) est Son dernier Prophète, et que tout ce qu’il a enseigné est vrai et juste. Cette foi sauve de la perdition éternelle.
Si une personne dit : « Je ne crois pas à ce châtiment éternel ; je n’ai donc pas peur d’un tel malheur et je ne cherche pas à m’en protéger », on peut lui répondre : « As-tu une preuve, un document, un fondement pour justifier ton incroyance ? Quelle science, quelle connaissance t’empêche de croire ? » Cette personne ne pourra présenter aucune preuve. Or, une affirmation sans preuve ni fondement ne peut être appelée science ni raison, mais simplement supposition ou probabilité. Même s’il n’y avait qu’une chance sur un million, ou sur un milliard, que le châtiment éternel du feu soit réel, ne faudrait-il pas s’en prémunir ? Toute personne dotée d’un peu de raison chercherait à éviter un tel désastre. Ne voudrait-elle pas trouver un moyen d’échapper à la possibilité d’un feu éternel ? Il est donc évident que tout être raisonnable doit croire (avoir la foi).
Pour croire (avoir la foi), il n’est pas nécessaire de payer un impôt, de dépenser des biens, de porter des charges ou de se priver des plaisirs licites de la vie. Il suffit simplement de croire sincèrement avec le cœur, avec pureté d’intention et foi véritable. Il n’est même pas obligatoire de faire connaître sa croyance à ceux qui ne croient pas. L’Imam Rabbânî (rahmetullahi aleyh) a dit : « Même celui qui ne croit pas au châtiment éternel doit, par simple raison, admettre au moins la possibilité qu’il existe. » Face à une telle possibilité — celle de brûler éternellement dans le feu — refuser le seul moyen certain de salut, qui est la foi, n’est-ce pas de la folie, et même une très grande insenséité ?
Être privé de la foi
Question : Que signifie la parole : « Que manque-t-il à celui qui a la foi, et que possède celui qui en est privé ? »
Réponse : Le jugement se fait selon le résultat final, selon le gain ou la perte éternelle. La cause du salut ou du malheur éternel dépend de la possession ou non d’un trésor spirituel : la foi (îmân), c’est-à-dire être musulman. Celui qui possède ce trésor possède tout. Celui qui en est privé n’a rien, même s’il détient le monde entier. Par exemple, si le plus pauvre des hommes est un croyant pieux et qu’on lui dit : « Nous te donnerons toutes les richesses du monde et le pouvoir sur la terre, mais tu dois renoncer à ta foi », il refusera catégoriquement. Cela montre que le croyant détient une richesse qu’aucune fortune terrestre ne peut acheter.
Conclusion : Celui qui meurt en croyant sincèrement en Allah le Très-Haut est destiné éternellement au Paradis, même s’il n’a rien d’autre. Et celui qui meurt sans foi ira éternellement en Enfer, même s’il possède tout ce que le monde contient. Ainsi, dans toute action, il faut toujours se demander : « Est-ce qu’Allah est satisfait de cela ? » Si Allah est satisfait, peu importe si les gens désapprouvent. Mais si Allah n’est pas satisfait, même si tout le monde approuve, cela n’a aucune valeur. C’est pourquoi la mesure de toute chose doit être la satisfaction d’Allah le Très-Haut.
La confession de foi par la parole (Dil ile ikrar)
Question : J’ai un ami anglais. Il est devenu musulman et accomplit la prière, mais il n’en a parlé à personne. Il dit : « Si les Anglais apprennent que je suis musulman, ils me regarderont mal. » Il a lu dans des livres que pour avoir la foi, il faut croire de tout cœur et confesser par la parole. Il demande : « Devant combien de personnes dois-je déclarer ma foi musulmane ? Si je meurs avant d’avoir pu le dire à quelqu’un, ne serai-je pas considéré comme musulman ? »
RÉPONSE : Oui, pour avoir la foi (îmân), il faut croire avec le cœur et affirmer avec la langue. Cependant, il n’est pas nécessaire de déclarer sa foi à d’autres personnes. Dans un pays musulman, il est préférable de le confesser ouvertement, afin que la personne soit connue comme musulmane, qu’on lui applique les règles réservées aux musulmans, et qu’elle puisse être enterrée dans un cimetière musulman.
Croire et approuver
Question : On dit : « Quiconque croit au Paradis, à l’Enfer et à Allah est croyant et ira au Paradis. » Est-ce vrai ?
RÉPONSE : C’est complètement faux ! Satan lui-même croit en Allah, et il croit aussi au Paradis et à l’Enfer. Il croit même aux autres piliers de la foi : il croit aux anges, aux prophètes, aux livres révélés, et à la résurrection après la mort. Il sait qu’il y aura un jugement et un compte. Ainsi, croire simplement à ce qui est énoncé dans l’Âmentü, ou connaître ces choses, ne suffit pas pour avoir la foi véritable (îmân). Pour qu’il y ait foi, il faut non seulement croire aux six principes de l’Âmentü, mais aussi accepter et approuver tous les ordres et interdits révélés par Allah le Très-Haut. Celui qui rejette ou n’approuve pas ne serait-ce qu’un seul de ces commandements ne peut être musulman. De plus, il faut avoir le houbb-i fillah (aimer pour Allah) et le bougd-i fillah (détester pour Allah), ainsi que croire en l’invisible (gayb) : c’est-à-dire aimer les amis d’Allah et détester Ses ennemis. Celui qui fait le contraire — qui aime les ennemis d’Allah et déteste Ses amis — ou qui ne croit pas à l’invisible, ne peut être croyant.
Ainsi, Satan croit à tout ce que contient l’Âmentü et connaît chaque pilier de la foi ; mais il ne les accepte pas, ne les approuve pas, et il considère les amis d’Allah comme des ennemis, et inversement. Par conséquent, celui qui, comme Satan, sait et croit sans accepter ni aimer, n’est pas croyant (mümin).
La foi la plus vertueuse
Question : Quelle est la foi la plus vertueuse ?
RÉPONSE : Après avoir cru aux six piliers de la foi et avoir la foi en l’invisible (gayb) avec l’amour pour Allah et Ses amis (houbb-ou fillah) et la haine pour Ses ennemis (bou?d-ou fillah), la foi la plus vertueuse consiste à se souvenir constamment d’Allah et à agir en toute circonstance conformément à la religion, pour Allah. Hadith : « La foi la plus vertueuse est de savoir, où que tu sois, qu’Allah le Très-Haut est avec toi. » (Rapporté par Tabarânî)
La foi est-elle une création ? (?man mahlûk mudur?)
Question : La foi est-elle une création, c’est-à-dire quelque chose de créé après coup ?
RÉPONSE : Les savants de l’Islam ont dit : La foi, en tant qu’orientation et guidance venant d’Allah, n’est pas créée. Mais en tant qu’affirmation et acceptation du serviteur, elle est créée. L’homme n’est pas le créateur de ses actes, mais celui qui agit. De même que l’homme lui-même est une créature, sa croyance comme son incroyance sont également créées. (Millel we Nihal)
Pour être musulman
Question : Dans Seâdet-i Ebediyye, il est écrit : « Pour devenir musulman, il n’est pas nécessaire d’accomplir une formalité, ni d’aller voir un mufti ou un imam. » Et on cite, tiré de Makâmât al Mazhariyya : « Il suffit de dire : Je crois en Allah le Très-Haut, en Son Messager et en tout ce qu’il a transmis de la part d’Allah. J’aime Allah, Son Messager et leurs amis, et je n’aime pas leurs ennemis. » Mais cela semble sous-entendre qu’il n’est pas nécessaire de croire aux six piliers de la foi pour être musulman. Comment quelqu’un qui ne croit pas aux six piliers pourrait-il être musulman ?
RÉPONSE : Non, cette phrase n’est pas incomplète. Dans cette formule, le fondement de la foi est exprimé de manière concise. En disant : « Je crois en tout ce que le Messager d’Allah a transmis, je l’accepte et je l’approuve », on inclut implicitement toutes les croyances fondamentales, y compris les six piliers de la foi (Âméntou).
Une personne peut dire : « Je crois aux six piliers de la foi », et pourtant ne pas être musulmane, car chaque article de foi a ses conditions précises. Réciter l’Âméntou et dire “J’y crois” ne suffit pas si la croyance n’est pas correcte. Voici des exemples :
1. Croire en Allah : Dire « Je crois en Allah » ne suffit pas. Si quelqu’un dit : « Allah est au pôle Nord », ou « Allah est sur la planète Mars », ou encore « Allah est sur Son Trône dans un lieu précis », il devient mécréant, car Allah est exempt de tout lieu. Dire : « Allah n’a pas le pouvoir sur toute chose », est également une parole de mécréance. Il faut donc croire en Allah tel qu’Il s’est décrit, avec Ses attributs parfaits.
2. Croire aux anges : Dire « Je crois aux anges » ne suffit pas. Si quelqu’un dit, comme certains chrétiens : « Les anges sont les filles d’Allah », il devient mécréant. Il faut croire aux anges tels qu’ils sont décrits par la religion.
3. Croire aux Livres : Dire « Je crois aux Livres » ne suffit pas. Si une personne croit aux enseignements altérés contenus dans les Écritures falsifiées, elle devient mécréante. Il faut croire aux Livres dans le sens que la religion enseigne, c’est-à-dire qu’ils sont la Parole d’Allah, et que seul le Coran reste authentique et non altéré.
4. Croire aux Prophètes : Dire « Je crois aux prophètes » ne suffit pas. Si quelqu’un dit (qu’Allah nous en préserve) : « Les prophètes étaient des menteurs ou des ignorants », il devient mécréant. Il faut croire aux prophètes tels que la religion les décrit, comme des hommes véridiques, infaillibles et envoyés par Allah.
5. Croire à l’au-delà : Dire « Je crois à l’au-delà » ne suffit pas. Si quelqu’un dit : « Le Paradis et l’Enfer n’existent pas »,ou « Ils existent mais ne sont pas éternels », il devient mécréant. Il faut croire à tout ce que la religion enseigne concernant la vie après la mort.
6. Croire que le bien et le mal viennent d’Allah : Dire « Je crois que le bien et le mal viennent d’Allah » ne suffit pas. Si quelqu’un dit : « Le mal est une chose mauvaise, Allah nous y force malgré nous », il devient mécréant. Il faut croire, comme l’enseigne la religion, que le bien et le mal sont créés par Allah, et que l’homme choisit par sa volonté partielle, mais que rien ne se réalise sans la volonté divine. Ainsi, comme on le voit dans ces exemples, il ne suffit pas de dire “Je crois aux six piliers de la foi” sans en comprendre et accepter la signification correcte.
Dans Makâmât al Mazhariyye, la phrase : « Je crois en tout ce qu’Allah le Très-Haut a révélé, je l’accepte et je l’approuve », résume parfaitement tous les éléments de la foi : elle comprend les six piliers, leurs significations exactes, ainsi que les lois religieuses — les interdits, les obligations et les adorations. Celui qui croit ainsi devient un musulman complet.