Quels sont les connaissances de foi indispensables ?

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20 oct. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer

Question : Pourriez-vous résumer brièvement les connaissances de foi indispensables que tout musulman doit connaître ?

RÉPONSE : Les connaissances indispensables en matière de foi sont les piliers de la foi (îmân) et les piliers de l’islam. Nous les exposons brièvement ci-dessous. Pour un développement détaillé, voir la section sur les principes de l’Âmentü.

Les conditions (piliers) de la foi sont les suivantes :

  1. Croire en Allah Allah Très-Haut est le Wâjib al-wujûd (Celui dont l’existence est nécessaire), la véritable divinité et le Créateur de tous les êtres. Il n’y a pas d’autre dieu que Lui. Allah, exalté soit-Il, est exempt du temps et de l’espace ; Il ne ressemble à rien.

Les attributs essentiels d’Allah Très-Haut (« zâtiyya ») sont au nombre de six :

  1. WücûdL’Existence : Allah existe nécessairement.
  2. QidemLa Prééternité : Il n’a ni début ni origine.
  3. BekâLa Perpétuité : Il n’a pas de fin, ne cesse pas d’être.
  4. VahdâniyyeL’Unicité : Il est absolument Un, sans associé ni semblable.
  5. Muhâlefetün li’l-havâdisLa Non-ressemblance aux êtres créés/contingents.
  6. Kiyâm bi-nefsihîL’Auto-subsistance / le Non-besoin : Il n’a besoin de rien ni de personne.

Les attributs affirmatifs (« subûtîyya ») sont au nombre de huit :

  1. HayâtVie : Allah est vivant, la Vie divine est éternelle.
  2. ‘IlmScience : Il sait toute chose, rien n’échappe à Sa connaissance.
  3. Sam‘Ouïe : Il entend toute chose, sans organe ni limite.
  4. BasarVue : Il voit toute chose, sans instrument ni direction.
  5. Qudra(t)Puissance : Il est Tout-Puissant sur toute chose.
  6. IrâdaVolonté : Il veut ce qu’Il veut, comme Il veut.
  7. KalâmParole : Sa Parole est éternelle, non faite de sons ni de lettres.
  8. TakwînCréation / “faire-exister” : Son « créer » est un attribut éternel subsistant en Lui

Remarque : dans beaucoup d’exposés ash‘arites on énumère sept attributs (les n° 1–7 ci-dessus) ; la théologie maturidite compte souvent huit en distinguant takwîn comme attribut à part.

  1. Croire aux anges

Les anges sont des créatures lumineuses, vivantes et douées de raison. Ils sont les serviteurs aimés et précieux d’Allah ; ils ne sont ni Ses associés ni Ses filles. Ils obéissent aux ordres d’Allah Très-Haut et ne se rebellent pas. Ils ne commettent pas de péché. Leur seule occupation est d’accomplir les ordres qui leur sont donnés. Ils ne sont ni mâles ni femelles, ne se marient pas, n’enfantent pas, ne se multiplient pas, n’ont pas d’enfants, ne mangent ni ne boivent. Les anges ont des ailes, mais nous ne savons pas de quelle nature elles sont.

Les anges qui consignent toutes les actions de chaque être humain s’appellent Kirâman Kâtibîn. Les anges de l’interrogatoire (dans la tombe) s’appellent Munkar et Nakîr. Les plus éminents des anges sont : Jibrîl (Gabriel), Isrâfîl, Mikâ’îl (Michel) et ‘Azrâ’îl (l’Ange de la Mort).

  1. Croire aux Livres (révélés)

Les Livres envoyés par Allah Très-Haut sont nombreux. Nos ouvrages religieux en mentionnent 104 : parmi eux, 100 sont de petits écrits appelés suhuf (feuillets).

Les 100 suhuf furent révélés aux prophètes suivants :

  • 10 à Âdem (paix sur lui),
  • 50 à Shîth (Set),
  • 30 à Idrîs (Hénoch),
  • 10 à Ibrâhîm (Abraham).

Les quatre grands Livres furent révélés à :

  • la Tawrât (Torah) à Mûsâ (Moïse),
  • le Zabûr (Psaumes) à Dâwûd (David),
  • l’Injîl (Évangile) à ‘Îsâ (Jésus),
  • le Coran au Prophète Muhammad (sur lui la paix).
  1. Croire aux prophètes

Le premier des prophètes est Âdem (paix sur lui) et le dernier est notre Prophète Muhammad (paix sur lui). Entre ces deux-là, de très nombreux prophètes sont venus et passés. Leur nombre exact n’est pas connu ; il est couramment rapporté qu’ils furent plus de 124 000.

Croire aux prophètes signifie croire, sans faire de distinction entre eux, qu’ils ont tous été choisis par Allah Très-Haut et qu’ils sont véridiques et sincères. Celui qui ne croit pas en l’un d’eux n’a, en réalité, cru en aucun.

Depuis Âdem jusqu’au dernier Prophète, Muhammad (sur eux la paix), tous les prophètes ont transmis la même foi et ont demandé à leurs communautés de croire aux mêmes vérités. Les Juifs croient en Moïse (Mûsâ) mais ne croient pas en Jésus (‘Îsâ) ni en Muhammad. Les chrétiens croient en Jésus mais ne croient pas en Muhammad. Les musulmans, eux, croient en tous les prophètes, c’est-à-dire les reconnaissent tous.

Les attributs des prophètes sont les suivants :

  • Amâna [digne de confiance]
  • Sidq [toujours véridiques, ne mentent pas]
  • Tablîgh [transmettent la religion sans omission]
  • ‘Adl [observance de la justice en toute chose]
  • ‘Isma [préservés du péché]
  • Fatâna [très intelligents, perspicaces]
  • Amn al-‘azl [ils ne sont pas révoqués de la prophétie, qui ne leur est pas retirée]

Allah, le Très-Haut, a envoyé des religions aux hommes, depuis Âdam — premier homme et premier Prophète — tous les mille ans, par l’intermédiaire d’un nouveau Messager porteur d’une Loi. Par leur biais, Il a indiqué aux gens la voie pour vivre ici-bas dans le confort et la paix, et pour obtenir le bonheur éternel dans l’au-delà. On appelle Rasûl (Messager) les prophètes à qui une nouvelle religion a été révélée. Les plus éminents d’entre eux sont les prophètes Ulû l-‘Azm : Âdam, Nûh (Noé), Ibrâhîm (Abraham), Mûsâ (Moïse), ‘Îsâ (Jésus) et Muhammad — que la prière et la paix soient sur eux tous. Le prophète qui n’apporte pas une nouvelle religion mais appelle les gens à la religion antérieure est appelé Nabî.

Après notre Prophète, aucun autre prophète ne viendra. Le Coran dit en ce sens : « Muhammad [sur lui la paix] est l’Envoyé d’Allah et le sceau des prophètes. » (Al-Ahzâb, 33:40)

  1. Croire au Jour dernier (l’au-delà)

Tous seront ressuscités après la mort et, après le Jugement, iront soit au Paradis soit en Enfer. Le Paradis et l’Enfer existent dès maintenant. Tous deux sont éternels : les musulmans demeureront éternellement au Paradis, et les mécréants éternellement en Enfer.

Il n’a pas été indiqué quand surviendra l’Heure (la Fin du monde). Cependant, notre Prophète a annoncé de nombreux signes et préludes de l’Heure : Le Mahdî viendra ; ‘Îsâ (Jésus), paix sur lui, descendra du ciel ; le Dajjâl apparaîtra. Les Yâjûj et Mâjûj (Gog et Magog) répandront le désordre partout. Le soleil se lèvera à l’ouest. De grands tremblements de terre surviendront. Le savoir religieux sera oublié et le mal se multipliera.

  1. Croire au destin (qadar), que le bien et le mal viennent d’Allah.

Tout le bien et tout le mal, toute utilité et tout dommage qui parviennent aux hommes sont par la prédestination (décret) d’Allah Très-Haut.

Le qadar (destin), c’est le fait qu’Allah, par Sa science éternelle, sache et veuille ce que feront les humains et les autres créatures. Le fait de créer ce qui a été ainsi su et voulu s’appelle le qadâ’ (exécution du décret). Ensemble, on dit qadâ’ et qadar (décret et destin).

Bien que ce soit Allah Très-Haut qui crée toute chose et tous les actes — bons ou mauvais — des hommes, Il leur a donné une volonté partielle. Si, en usant de cette volonté, l’homme veut la création d’un bien, il obtient une récompense ; s’il veut la création d’un mal, il encourt un péché. Ainsi, lorsqu’une personne commet un péché, elle en subit la peine ; lorsqu’elle accomplit une bonne action, elle en reçoit la récompense. Autrement dit, Allah Très-Haut ne contraint personne à commettre le péché.

Les piliers de l’Islam

1. Prononcer l’attestation de foi (kalimat ash-shahâda)

Dire : [Ach-hadü en lâ ilâhe illallâh ve ach-hadü enne Muhammeden abdühû ve rasûlüh]. Son sens est :

« J’atteste [c’est-à-dire je sais et je déclare comme si j’avais vu] qu’il n’y a pas de divinité en dehors d’Allah. Et j’atteste encore que Muhammad — paix sur lui — est Son serviteur et Son Messager. » [Croire au Messager d’Allah signifie accepter, croire et agréer tout ce qu’il a transmis.]

2. Accomplir la prière (salât)

Pour tout musulman doué de raison et ayant atteint la puberté, accomplir les cinq prières quotidiennes est une obligation capitale. La prière est le pilier de la religion. Ne pas prier compte parmi les plus grands péchés ; pour celui qui l’abandonne, il est très difficile de mourir avec la foi. Un hadith dit :

 « Celui qui prie sera sauvé au Jour du Jugement ; celui qui ne prie pas sera perdu. » (Tabarânî)

3. Acquitter la zakât

Celui qui possède le nisâb — c’est-à-dire, après déduction de ses dettes et en incluant ses créances, l’équivalent de 96 g d’or (ou une somme d’argent/biens commerciaux de même valeur) — doit en donner un quarantième (2,5 %) en zakât : c’est une obligation. Pour les fruits et récoltes, il est obligatoire de donner un dixième (10 %) aux pauvres ; cette dîme s’appelle ‘u shr.

 « Allah maudit celui qui ne s’acquitte pas de la zakât. » (Nasâ’î)

4. Jeûner

Il est obligatoire de jeûner tout le mois de Ramadan. Ne pas l’observer constitue un grand péché.

5. Accomplir le pèlerinage (Hajj) (pour qui en a les moyens)

Pour celui qui, après avoir laissé à sa famille de quoi subvenir à ses besoins pendant tout le voyage, dispose en plus des moyens financiers nécessaires pour s’y rendre et en revenir, il est obligatoire une fois dans sa vie de faire le tawâf de la Ka‘ba (à La Mecque) et de se tenir à ‘Arafât.

Dire “je crois” suffit-il ?

Question : Les hadiths disent que celui qui prononce la kalima de l’attestation devient musulman. Si quelqu’un récite la shahâda sans y croire, ou s’il croit mais ne croit pas aux principes énoncés dans l’Âmentü, est-il tout de même musulman ? »

RÉPONSE : Dans la définition de la foi, on dit : « profession par la langue et confirmation par le cœur ». Tant qu’il n’y a pas confirmation par le cœur, on ne devient pas musulman.

La profession de foi signifie : croire qu’Allah existe et est Unique, qu’il n’y a pas de divinité en dehors de Lui, que Muhammad — paix sur lui — est le Messager d’Allah et Son dernier Prophète, et croire à tout ce qu’il a transmis en l’agréant entièrement. Ce n’est pas énoncer un fait historique du type « il y a eu un prophète ». Cela veut dire : « Je crois au noble Prophète et à tout ce qu’il a annoncé ; j’agrée le tout ; tout est vrai, sans la moindre possibilité d’erreur. » Par conséquent, il faut croire à tous les principes de l’Âmentü. Tant qu’on n’y croit pas — et même si l’on croit mais qu’on ne les agrée pas — on ne devient pas musulman. Celui qui ne reconnaît pas l’un des piliers de la foi, ou qui n’admet pas (n’agrée pas) une obligation notoire de la religion, une sunna ou une interdiction (harâm), n’est pas musulman. Il faut accepter et agréer l’islam comme un tout.

Lire les hadiths et tenter de les comprendre sans l’explication des savants de l’islam est dangereux ; cela peut mener jusqu’à l’incrédulité. Par exemple, le hadith suivant doit être compris à la lumière des explications ci-dessus :

« Celui qui est satisfait et agréé d’Allah, le Très-Haut, comme Seigneur, de l’islam comme religion, et de Muhammad — sur lui la paix — comme [ultime] Messager [et de tout ce qu’il a transmis], [est musulman et, s’il meurt avec cette foi,] mérite le Paradis. » (Muslim, Nasâ’î)

Croire, aimer et agréer

Question : Si quelqu’un croit aux conditions de foi énoncées dans l’Âmentü et les professe de sa langue, mais qu’il n’aime pas certains musulmans, aime certains non-musulmans, ou bien — tout en les admettant — n’agrée pas certains commandements de la religion, cela porte-t-il atteinte à sa foi ?

RÉPONSE : Celui qui agit ainsi, s’il est musulman, devient mécréant. Par exemple, dire : « Je sais que le voile est un ordre d’Allah, mais ce jugement valait pour les siècles passés ; de nos jours, le voile n’est pas nécessaire », ou dire : « Le fait que les chrétiens soient mécréants concernait cette époque-là ; ceux d’aujourd’hui ne le sont pas », ou encore : « Je n’aime pas notre maître ‘Uthmân, mais même si Abû Lahab est mécréant, je l’aime parce qu’il est l’oncle de notre Prophète » — tout cela relève de l’incrédulité. Car le fondement de la foi consiste à aimer les amis d’Allah [les musulmans] et à ne pas aimer Ses ennemis [les mécréants]. En effet, le Prophète a dit :

 « Le fondement de la foi est d’aimer les amis d’Allah et de ne pas aimer Ses ennemis. » (Imâm Ahmad)

Celui qui agit à l’inverse de ce qu’indique le hadith — c’est-à-dire qui aime Abû Lahab et n’aime pas notre maître ‘Uthmân — fait sauter le fondement de la foi et détruit l’édifice de l’islam.

Alors qu’Allah, Très-Haut, a annoncé qu’Il n’a laissé aucune lacune dans notre religion et que les prescriptions du Coran perdureront jusqu’au Jour de la Résurrection, dire : “Le voile (le hijâb) était pour les anciens” ou “Les chrétiens d’autrefois étaient mécréants, ceux d’aujourd’hui sont musulmans”, revient à ne pas agréer l’ordre d’Allah. Or cela constitue de l’incrédulité (kufr).

Les prophètes sont supérieurs.

Question : Dans les livres de religion, la foi aux anges est exposée avant celle aux prophètes. Cela ne prouve-t-il pas que les anges sont supérieurs aux prophètes ? »

RÉPONSE : Non, cela ne l’indique pas. Si la foi aux anges est mentionnée avant celle aux prophètes, c’est parce que les anges ont été créés avant tout être vivant. De même, la foi aux Livres est évoquée avant celle aux prophètes. Dans le Coran aussi, les choses auxquelles il faut croire sont énumérées dans cet ordre. (Foi et Islam)

Les prophètes sont supérieurs aux anges. Le musulman qui suit l’Islam s’élève et devient supérieur aux anges. Celui qui, en cédant à son ego et aux mauvaises fréquentations, s’éloigne de l’Islam, s’abaisse et devient pire que les bêtes. (La morale islamique)

Dans le verset suivant, les anges sont également mentionnés avant les Livres et les prophètes :

 « La bonté véritable consiste à croire en Allah, au Jour dernier, aux anges, aux Livres et aux prophètes… » (Al-Baqarah, 2:177)

La première chose nécessaire à chacun…

La première chose nécessaire à chacun, c’est de prononcer la kalima du tawhîd et d’en croire le sens. La kalima du tawhîd est : « Lâ ilâha illallâh, Muhammadun rasûlullâh ». Son sens : « Allah existe et Il est unique. Muhammad — sur lui la paix — est Son Prophète. »

Croire à cela s’appelle avoir la foi (îmân) et être musulman. La foi doit être permanente. Pour cela, il faut se garder de tout acte ou parole qui la fait disparaître, ainsi que des choses qui sont signes d’incrédulité (kufr).

Le Coran est la Parole d’Allah. Allah Très-Haut l’a révélé à Muhammad — sur lui la paix — par l’ange Jibrîl (Gabriel). Les mots du Coran sont en arabe, mais c’est Allah qui les a ordonnés. Les mots arabes du Coran sont venus d’Allah, agencés en versets, sous forme de lettres et de mots. Le sens que portent ces lettres et ces mots exprime la Parole divine. On appelle Coran à la fois ces lettres et ces mots, et aussi les significations qui manifestent la Parole divine. Ce Coran, qui est Parole d’Allah, n’est pas créé : à l’instar de Ses autres attributs, il est éternel, sans commencement ni fin. Chaque année, Jibrîl venait et récitait, selon l’ordre inscrit sur la Table gardée (al-Lawh al-Mahfûz), la partie du Coran descendue jusque-là ; et le Prophète la répétait. L’année où il s’apprêta à rejoindre l’au-delà, Jibrîl vint deux fois et ils récitèrent l’intégralité du Coran.

Le Prophète et les nobles Compagnons avaient mémorisé l’intégralité du Coran. Abû Bakr — qu’Allah l’agrée — rassembla ceux qui le savaient par cœur, fit apporter les fragments écrits et chargea un comité de consigner tout le Coran par écrit. Ainsi fut constitué un livre appelé Mushaf. Trente-trois mille Compagnons furent unanimes à attester que chaque lettre de ce mushaf se trouvait exactement à sa place.

Les paroles de Muhammad — sur lui la paix — s’appellent des hadiths. Parmi eux, ceux dont le sens vient d’Allah Très-Haut mais dont les mots sont de Muhammad sont appelés hadiths qudsî.

Parmi les ordres d’Allah, — ce à quoi l’on doit croire s’appelle îmân (foi), — ce que l’on doit accomplir s’appelle fard (obligation), — ce dont on doit s’abstenir s’appelle harâm (interdit).

L’ensemble des fard et des harâm se nomme les jugements de l’Islam (al-ahkam al-islamiyya). Celui qui ne croit pas ne serait-ce qu’à un seul des enseignements de l’Islam est appelé kâfir (mécréant)…

La deuxième chose nécessaire à l’homme est de purifier son cœur. Le cœur se trouve dans la poitrine, on l’appelle aussi le for intérieur. C’est le siège des connaissances religieuses islamiques. C’est ce cœur qui croit ou ne croit pas. Le cœur croyant est pur ; le cœur qui nie est impur, mort. Travailler à purifier le cœur est le premier devoir. Accomplir les actes d’adoration — en particulier la prière — et faire l’istighfâr (demande de pardon) purifie le cœur ; commettre des choses interdites et des péchés, en revanche, le corrompt…

Question : Parmi les actes d’adoration, accomplir les cinq prières quotidiennes fait-il partie des conditions (piliers) de la foi ?

RÉPONSE : Prier n’est pas un pilier de la foi ; en revanche, croire que la prière est obligatoire fait partie des piliers de la foi.

La foi possède à la fois une apparence et une essence

Question : La foi de toute personne croyante, de tout musulman, est-elle la même ? Si oui, pourquoi tous ceux qui croient ne deviennent-ils pas des musulmans accomplis ? Quelle en est la raison ?

RÉPONSE : À ce sujet, l’imâm Rabbânî déclare dans son ouvrage Maktûbât :

« L’Islam possède une forme — une apparence extérieure — et une réalité, un fond, une essence. La forme de l’Islam consiste à croire en Allah Très-Haut, en Son Messager, et aux connaissances que ce Messager a reçues de Lui, ainsi qu’à se conformer aux prescriptions de l’Islam. Se conformer aux prescriptions veut dire accomplir ce qui est ordonné et s’abstenir de ce qui est interdit.

L’âme charnelle (nafs) de l’homme ne croit pas et ne veut pas se plier à la forme de l’Islam : telle est sa nature. C’est pourquoi la foi de ceux qui se conforment à la forme de l’Islam est une forme de foi : une foi d’apparence. De même, les prières, les jeûnes et toutes les adorations ne sont alors que formes d’adoration — des adorations d’apparence. Car, quand on dit “l’homme”, on entend par là son nafs ; chacun, en disant “moi”, désigne son nafs. Tandis que l’homme pratique l’adoration, son nafs demeure dans l’incrédulité et le déni ; il nie que ce qu’on fait soit juste. La foi et les adorations d’un tel homme peuvent-elles être authentiques et véridiques ?

Allah Très-Miséricordieux accepte la forme — l’apparence — de la foi et des adorations comme étant véritable et valide. Il promet et annonce qu’Il fera entrer de tels serviteurs au Paradis. Allah aime le Paradis et les serviteurs qui s’y trouvent ; Il est satisfait d’eux. Parce qu’Il est d’une générosité infinie, Il a accepté la seule confirmation du cœur comme foi ; Il n’a pas exigé que le nafs comprenne et croie.

Cela dit, le Paradis lui aussi possède une forme et une réalité. Ceux qui, en ce monde, n’auront atteint que la forme de l’Islam, n’atteindront que la forme du Paradis : ils n’en goûteront que la saveur, le plaisir. Quant à ceux qui, en ce monde, auront atteint la réalité de l’Islam, ils atteindront la réalité du Paradis.

Ceux qui n’atteignent que la forme du Paradis et ceux qui en atteignent la réalité goûteront des délices différents, même s’ils mangent des mêmes bienfaits — par exemple du même fruit. Les épouses du Messager d’Allah, mères des croyants, seront auprès du Messager au Paradis et mangeront le même fruit, mais elles en goûteront des saveurs différentes. Ceux qui se conforment à la forme de l’Islam seront sauvés du châtiment dans l’au-delà et obtiendront le bonheur éternel. »

20 oct. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer
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