Quelle est la cause du fait qu’une personne ne réussit pas dans ce qu’elle entreprend ?

Ces derniers temps, il m’arrive quelque chose, c’est-à-dire que rien ne marche dans ma vie. Les portes se ferment devant moi. J’aimerais recevoir une bonne nouvelle, mais elle ne vient pas. Je voudrais aimer et être aimé, mais ça n’arrive pas. Bref, le stress commence à apparaître chez moi. Je sais bien qu’il y a des personnes dont l’épreuve est...

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Manuel 2 vues
26 nov. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer

Cher frère / chère sœur,

  • Tout d’abord, il faut dire ceci : nous ne sommes pas capables de poser un diagnostic définitif sur ce genre de situation ni de te donner une “ordonnance” de traitement toute faite ; en tant qu’êtres humains, cela dépasse nos capacités. Comme on dit : « Cette balance ne peut pas porter un poids si lourd. »

  • Cependant, avec la conscience de la foi et une réflexion rationnelle, il est possible de dire ce qui suit :

Le fait qu’une personne réussisse ou échoue, que ses affaires marchent ou ne marchent pas, peut être considéré sous deux angles :

  1. La prédestination (le décret) d’Allah, qui tient entre Ses mains les rênes de toute chose.
  2. Le fait que l’être humain respecte ou non le système de causes qui fonctionne dans l’univers, système qui est en réalité constitué de lois divines.
  • En tant qu’êtres humains, nous devons croire que derrière tout ce que nous réussissons, il y a la grâce d’Allah, et que derrière nos échecs et nos ratés, il y a notre propre âme (nafs).

Cela signifie :

Le Créateur du bien comme du mal, du positif comme du négatif, c’est Allah.

Cependant :

  • La force qui se trouve derrière chaque réussite appartient au décret d’Allah, car l’existence d’un succès dépend non pas d’une seule cause, mais de plusieurs causes réunies.
  • Or, il est impossible pour l’être humain d’avoir la maîtrise de toutes ces causes.

Par conséquent, le véritable propriétaire de cette réussite, c’est Allah, qui est le Créateur et le Maître de toutes les causes. C’est Lui qui crée les causes et c’est Lui qui les met en action.

Dans les domaines où nous échouons, le rôle de l’être humain a une grande importance. Ce rôle apparaît sous deux formes : l’une matérielle, l’autre spirituelle.

  • Le rôle matériel : ce sont les erreurs comme le fait de ne pas accomplir correctement ce que l’on doit faire, de ne pas respecter l’enchaînement des causes nécessaires, de ne pas emprunter la voie des conditions qui mènent à la réussite. Autrement dit, ce sont les mauvaises démarches, la négligence, le manque de sérieux, le fait de ne pas prendre les moyens.

  • Le rôle spirituel : c’est l’irrespect envers Allah, en transgressant Ses ordres et Ses interdits. La sanction de cet irrespect, dans ce bas-monde, peut parfois se manifester par ce genre de difficultés et d’épreuves. Cette sanction peut prendre la forme tantôt d’une gifle de miséricorde (un rappel pour nous réveiller), tantôt d’un châtiment.

Allah dit dans la sourate an-Nisâ :

« Où que vous soyez, la mort vous atteindra, fussiez-vous dans des tours bien construites. S’il leur arrive un bien, ils disent : “Cela vient d’Allah.” Et s’il leur arrive un mal, ils disent : “Cela vient de toi (ô Prophète).” Dis : “Tout vient d’Allah.” Qu’ont donc ces gens, qu’ils ne comprennent presque aucune parole ? Le bien qui t’atteint vient d’Allah, et le mal qui t’atteint vient de toi-même. Nous t’avons envoyé comme Messager pour les gens ; Allah suffit comme Témoin. » (An-Nisâ, 4/78-79)

Dans ce verset, cette vérité est clairement soulignée.

En tant qu’êtres humains, nous devons prêter une oreille très attentive à ce genre d’enseignements que nous donne le Coran.

Pour nous soulager intérieurement, ne faisons pas porter la responsabilité de nos échecs – qui sont en réalité le fruit de nos erreurs matérielles ou spirituelles – sur le décret divin (qadar).

Cependant, pour apaiser les douleurs liées à des situations difficiles passées, il est possible de se rappeler le rôle du destin et d’y trouver une consolation.

Dans le hadith au sens suivant :

 « Celui qui croit au destin est sauvé de la tristesse. » (Munawi, Faydu’l-Qadir, 3/187)

On ouvre la porte au fait de s’en remettre au destin pour ce qui concerne les difficultés et épreuves déjà passées.

En revanche, s’accrocher au destin pour ce qui concerne nos projets futurs, en le prenant comme prétexte pour l’inaction, est une compréhension non islamique du destin.

En tant qu’êtres humains, nous devons fournir des efforts sans relâche pour atteindre nos objectifs. Même lorsque ce que nous souhaitons ne se réalise pas, nous ne devons jamais tomber dans le désespoir, mais essayer d’autres voies, d’autres options.

Lorsque, malgré nos efforts, ce que nous voulons ne se produit pas, nous devons penser que le décret divin ne s’est pas manifesté dans ce sens, et continuer à travailler avec patience et détermination, en attendant que ce qui est vraiment un bien pour nous se manifeste au moment voulu.

Avec salutations et prières…

L'Oasis

26 nov. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer
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