Quel lien entre foi et pécher ?
Question : Le fait de commettre des péchés et de persévérer dans ces péchés ne conduit-il pas à mourir sans la foi ?
Réponse : Le fait de commettre des péchés graves et d’y persévérer peut entraîner une personne vers l’incrédulité et la conduire à mourir sans la foi.
Question : Quels sont les grands péchés ?
Réponse : Voici quelques-uns des grands péchés :
- Être adepte de l’innovation (religieuse).
- Persévérer dans le péché.
- Ne pas remercier (Dieu) d’être musulman.
- Ne pas craindre de mourir sans la foi.
- Commettre l’injustice / opprimer.
- Désobéir à ses parents.
- Jurer fréquemment, même quand c’est vrai.
- Négliger d’apprendre la prière et de l’enseigner à sa famille/enfants.
- Boire des boissons enivrantes (alcool).
- Se prétendre faussement saint.
- Minimiser ses péchés.
- Se complaire en soi-même, vanité.
- Se croire supérieur grâce à son savoir et à ses adorations.
- Envier / jalouser.
- Dire de quelqu’un qu’il est bon sans l’avoir éprouvé.
- Persévérer dans le mensonge et la médisance.
- Se détourner des livres des savants de l’ahl as-sunna.
- Nuire à son voisin — même s’il est non-musulman.
- Se mettre violemment en colère pour des affaires mondaines.
- Pratiquer la magie/sorcellerie.
- Délaisser la visite des proches parents mahram pieux.
- Ne pas aimer ceux qu’Allah aime ; aimer ceux qu’Il n’aime pas.
- Garder rancune à un frère croyant plus de trois jours.
- Zinâ (fornication/adultère) ou sodomie.
- S’habiller de façon indécente (trop découvert).
- Homicide.
- Vol.
- Consommer des stupéfiants/drogues.
- Rapine/usurpation (s’emparer par la force).
- Manger ouvertement (rompre le jeûne publiquement) en Ramadan.
- Payer/pratiquer l’intérêt (usure) sans nécessité.
- Manger/consommer injustement le bien de l’orphelin.
- Tricher sur les mesures et les poids.
- Accomplir la prière avant ou après son temps prescrit.
- Blesser/briser le cœur d’autrui.
- Accepter des pots-de-vin.
- Ne pas s’acquitter de la zakât et de l’‘ushr (dîme agricole).
- Brûler un animal vivant.
- Après avoir appris le Coran, le négliger au point d’en oublier la récitation.
- Désespérer de la miséricorde d’Allah.
- Trahir / agir avec perfidie.
- Ne pas aimer un seul des nobles Compagnons.
- Calomnier une femme chaste en la traitant de débauchée.
- Colporter des paroles entre musulmans (semer la discorde).
- Découvrir sa ‘awra (parties intimes) ou regarder la ‘awra d’autrui.
- Trahir un dépôt / une confiance.
- L’avarice.
- Être trop attaché à ce bas-monde.
- Ne pas craindre le châtiment d’Allah.
- Ne pas tenir le licite pour licite ni l’illicite pour illicite.
- Croire aux prédictions des diseurs de bonne aventure.
- Regarder une femme/fille (regard illicite).
- Les femmes portant des habits d’hommes, et les hommes des habits de femmes.
- Rappeler son bienfait (le jeter au visage).
- Jurer par autre qu’Allah (p. ex. : « que j’embrasse le cadavre de mon enfant »).
- Persévérer dans un petit péché.
- Rester en état de grande impureté (junub) aussi longtemps qu’on manque un temps de prière.
- Jouer d’instruments de musique et en écouter.
- Se suicider.
- Ne pas apprendre sa religion.
Minimiser la gravité d’un péché
Question : Que signifie considérer un péché comme insignifiant, et comment cela se produit-il ?
Réponse : Beaucoup ignorent ce que signifie « considérer un péché comme insignifiant », et, de ce fait, on traite des pécheurs de mécréants. Par exemple, dire : « Celui qui continue à boire de l’alcool, s’il tenait vraiment compte de son caractère illicite, n’en boirait pas ; une femme qui sort découverte, si elle accordait de l’importance à l’interdiction, se couvrirait. Donc, puisqu’ils ne s’attristent pas de leurs péchés — autrement dit, puisqu’ils minimisent l’interdit — ils sont mécréants » est erroné.
« Celui qui ne s’en afflige pas et n’y accorde pas d’importance devient mécréant ; mais que signifie “s’affliger” et “ne pas accorder d’importance” ? Par exemple, si une femme qui accomplit sa prière sait que sortir découverte est un péché et dit : “Se couvrir est un ordre d’Allah ; ce serait bien que nous nous couvrions, mais à notre époque nous n’y arrivons pas”, on ne traite pas cette femme de mécréante. De même, si quelqu’un qui boit de l’alcool dit : “L’alcool est illicite, mais nous y sommes habitués et n’arrivons pas à arrêter”, on ne le déclare pas mécréant.
À l’inverse, si quelqu’un qui ne boit jamais dit : “Boire un verre de vin n’est pas considéré comme un péché”, il tombe dans l’incrédulité. Ou bien si l’on dit : “Tout le monde sort découvert, que se passe-t-il ? Nous aussi nous sortons ainsi. Tout le monde boit ; nous aussi nous buvons. Tant qu’on n’est pas ivre, quel mal y a-t-il ?”, alors, en minimisant ainsi l’interdit, on tombe dans la mécréance.
La colère d’Allah Très-Haut est cachée au sein des péchés. Pour un seul péché, Il peut infliger un grand châtiment. Il peut vouer à l’Enfer éternel un serviteur pieux qui aurait adoré (Allah) cent mille ans. Par exemple, Iblîs, qui avait obéi pendant cent mille ans, est devenu éternellement voué à l’Enfer pour avoir, par orgueil, refusé de se prosterner. Le fils d’Adam (Caïn) est devenu éternellement voué à l’Enfer pour avoir tué un homme. Bal'am ibn Bâ'ûrâ, dont chaque invocation était exaucée, s’est éteint sans la foi pour s’être incliné vers un péché. Qarûn a péri avec sa fortune pour n’avoir pas acquitté la zakât. Ainsi donc, il faut s’efforcer d’éviter tout péché.
Dans un hadith, il est dit :
« Se garder d’un tout petit péché vaut mieux que l’ensemble des adorations [surérogatoires] de tous les djinns et de tous les hommes. »
Tout péché, puisqu’il est une désobéissance envers Allah Très-Haut, est grave ; cependant, certains paraissent petits par comparaison à d’autres. Éviter un petit péché vaut plus de récompense que toutes les adorations surérogatoires du monde, car les adorations surérogatoires ne sont pas obligatoires, tandis qu’éviter les péchés est une obligation. (Riyâd an-nâsihîn).
Lorsqu’on commet un péché, il ne faut pas tomber dans le désespoir ; il faut se repentir immédiatement. Le croyant ne doit ni désespérer de la miséricorde d’Allah ni cesser d’éprouver une grande crainte de Lui. Dans un hadith, il est dit :
« Si, dans le cœur du croyant, il y a à la fois crainte et espérance, Allah Très-Haut lui donnera ce qu’il espère et le mettra à l’abri de ce qu’il craint. »
Autrement dit, si un croyant craint le châtiment d’Allah tout en ne désespérant pas de Sa miséricorde, s’il évite les interdits et s’efforce d’accomplir ses adorations, il ira au Paradis.
Quel que soit l’ampleur des péchés qu’une personne commet, elle ne doit pas désespérer de la miséricorde d’Allah. Même un mécréant endurci : s’il se repent et dit « Lâ ilâha illallâh Muhammadun Rasûlullâh », tous ses péchés seront pardonnés et il deviendra une personne toute pure. Autrement dit, ici-bas, il n’est pas de péché qu’Allah ne pardonne pas ; en se repentant, Il pardonne même le shirk, c’est-à-dire l’incrédulité. Après la mort, en revanche, il n’y a plus de pardon pour les mécréants.
Dans le Coran, Il dit : « Dis : “Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah ! Car Allah pardonne assurément tous les péchés [des gens de la foi]. Il est, certes, le Tout-Pardonnant, le Très Miséricordieux.” » (Az-Zoumar, 53)
Nous ne savons pas dans quelle action ou quelle parole se trouvent l’agrément d’Allah Très-Haut et Sa colère. De ce point de vue, il ne faut considérer comme insignifiants ni aucune parole, ni aucune bonne ou mauvaise action. Le Seigneur a caché Son agrément au sein des bonnes œuvres et Sa colère au sein des péchés. Un péché auquel on n’accorde pas d’importance peut être cause de la colère d’Allah. C’est pourquoi nous devons faire attention à nos paroles. Nos aïeux disaient : « Il est des paroles qui mènent à bien les affaires, et des paroles qui font perdre la tête. »
Ne pas accomplir les adorations et ne pas éviter les péchés obscurcit le cœur de l’homme et, avec le temps, le fait tomber dans l’incrédulité : il devient mécréant. Tous les péchés sont graves, car ils consistent à ne pas exécuter l’ordre d’Allah. Sur son lit de mort, Ibn al-Munkadir pleurait. On lui en demanda la raison. Il dit : « Je n’ai pas commis sciemment de grand péché. Je pleure par crainte qu’un petit péché que j’aurais considéré comme insignifiant ait provoqué la colère d’Allah. » De telles craintes sont une cause de salut pour le musulman. En effet, dans un hadith il est dit :
« Au Jour de la Résurrection, Allah Très-Haut dira : “Faites sortir de l’Enfer celui qui, dans ce monde, s’est souvenu de Moi ne serait-ce qu’un jour et a éprouvé ne serait-ce qu’une fois de la crainte à Mon égard.” »
Avertissement très important
Qu’il soit homme ou femme, chaque musulman doit, en toute parole et en tout acte, se conformer aux ordres d’Allah Très-Haut — c’est-à-dire aux obligations (fard) — et à Ses interdits — c’est-à-dire aux choses illicites (haram). Celui qui n’accorde pas d’importance à l’accomplissement d’une obligation ou à l’évitement d’un interdit perd sa foi. Sans foi, on subit le châtiment dans la tombe. Dans l’au-delà, on va en Enfer et on y brûle éternellement. Il n’y a alors aucune possibilité ni aucune chance d’être pardonné ou de sortir de l’Enfer.
Tomber dans l’incrédulité est très facile : on peut y tomber par n’importe quelle parole ou n’importe quel acte. Mais s’en sauver est aussi très facile. Même si l’on ne connaît pas la cause de son incrédulité, s’il dit chaque jour : « Ô mon Seigneur, si j’ai prononcé une parole ou accompli un acte qui mène à l’incrédulité, sciemment ou non, je le regrette ; pardonne-moi », et implore Allah Très-Haut, il sera à coup sûr pardonné. Il sera sauvé d’aller en Enfer. Pour ne pas brûler éternellement en Enfer, il faut absolument se repentir chaque jour. Il n’y a pas de devoir plus important que ce repentir.
Pour les péchés impliquant des droits d’autrui (haqq al-'abd), lorsqu’on se repent, il faut rendre ces droits ; et lorsqu’on se repent des prières délaissées, il faut les rattraper (qadâ'). (Le bonheur éternel).
Minimiser un péché
Question : Selon la croyance de l’ahl as-sunna, les actes (‘amal) ne font pas partie de la foi (îmân). Autrement dit, on ne devient pas mécréant pour avoir commis un péché. D’un autre côté, il est dit : “Considérer un péché comme insignifiant, ne pas y accorder d’importance, c’est de la mécréance.” Quelqu’un qui boit de l’alcool, médit, ment : il ne devient pas mécréant parce qu’il a péché ; mais s’il ne considérait pas ces péchés comme légers, il ne les commettrait pas. Sont-ils mécréants ou non ? Je n’ai pas saisi la subtilité ici.
Par exemple, une femme qui accomplit la prière sort découverte. Si elle ne tenait pas pour léger le péché de sortir découverte, elle ne sortirait pas ainsi. Si elle n’avait pas foi en Allah, elle ne prierait pas. A-t-elle la foi ou non ?
De même, les livres disent : “Ceux qui mangent ouvertement en Ramadan perdent la foi.” Pourtant, ne pas jeûner est un péché, pas une mécréance. Puisque considérer un péché comme léger est de la mécréance, on lit aussi dans les livres que même celui qui tient pour léger une sunna, et pas seulement une obligation, devient mécréant. Mettre une calotte à la prière est une sunna : s’il n’y attache pas d’importance, devient-il mécréant ? (Je me dis : ‘s’il y attachait de l’importance, il la mettrait.’)
Je n’arrive pas non plus à m’empêcher de penser la même chose pour ceux qui délaissent les sunnas de l’asr (après-midi) et du ‘ishâ’ (nuit). Pourtant, celui qui ne pratique pas la sunna se prive de la récompense, il ne devient pas mécréant. Je n’arrive pas à trouver la voie moyenne. Une explication est-elle possible à ce sujet ?
Réponse : Pour quelqu’un qui accomplit la prière tout en commettant des péchés sans scrupule, il est erroné d’affirmer catégoriquement soit « il minimise le péché », soit « il ne le minimise pas ».
Il est difficile d’affirmer qu’une femme qui sort constamment découverte ne prend pas la question à la légère. Il en va de même pour quelqu’un qui boit de l’alcool en permanence ou commet un autre péché de façon habituelle : dire qu’il « ne le minimise pas » est très difficile. Quand le péché devient une habitude, le danger de le considérer comme insignifiant commence. Pour celui qui commet continuellement un ou plusieurs péchés, il devient difficile de se repentir ; il n’y pense même pas.
De même qu’une personne qui prie mais croit que « le voilement n’a pas de place en religion » devient mécréante, elle devient mécréante aussi lorsqu’elle minimise l’ordre de se couvrir.
Il est difficile d’affirmer que quelqu’un qui pèche de temps à autre considère le péché comme insignifiant. Une telle personne peut aussi se repentir. En général, celui qui commet occasionnellement un péché ne le fait pas parce qu’il le tient pour léger, mais parce qu’à ce moment-là sa clairvoyance se voile, il tombe dans l’insouciance et c’est comme s’il péchait sans s’en rendre compte. Autrement, un musulman s’abstient de commettre délibérément un péché en n’y accordant aucune importance.
Dire « Ceux qui mangent ouvertement pendant le Ramadan perdent la foi » ne signifie pas que quiconque ne jeûne pas devient mécréant. Ne pas jeûner est une chose ; manger en public comme pour défier le jeûne et encourager les autres à ne pas jeûner en est une autre. Dans ce cas, il y a une minimisation du jeûne.
Si une personne ne jeûne pas par peur d’avoir faim, par crainte de tomber malade, ou en pensant que son travail en pâtira — même si ces raisons ne sont pas réellement valables — elle a tout de même une excuse pour n’avoir pas jeûné ; elle ne minimise pas le jeûne, donc ce n’est pas de la mécréance.
Ne pas pratiquer certaines sunna — comme ne pas porter la calotte — ne vient pas forcément d’un manque d’importance accordée à la sunna, mais d’autres raisons, même si elles ne sont pas valables. On ne doit donc pas traiter de mécréant celui qui, pour des raisons de ce genre, délaisse les sunna ou commet un péché.
L’alcool et la foi
Question : On dit : “Quand l’alcool entre, la foi sort ! Comme la prière de celui qui boit de l’alcool n’est pas acceptée pendant quarante jours, il ne devrait pas prier.” Y a-t-il quelque chose de tel ?
Réponse : Non, il n’y a rien de tel. Selon la croyance de l’ahl as-sunna, tant qu’il ne tient pas l’alcool pour licite (halâl) et tant qu’il ne minimise pas l’interdit, celui qui boit ne perd pas la foi. **(Ihyâ')**.
Abandonner la prière est un très grand péché. Il n’existe rien de tel que « l’alcool ne sort pas du corps pendant quarante jours ». Dans le Coran, il est dit : « Ne priez pas lorsque vous êtes ivres », car on ne comprend alors pas ce que l’on récite, et celui qui titube d’ivresse perd même ses ablutions. Sans ablutions, on ne peut pas prier. S’il n’a pas bu au point de ne plus comprendre ce qu’il lit, il doit accomplir sa prière. Quel que soit le péché commis, on ne doit pas délaisser la prière.
La prière de celui qui continue à boire de l’alcool est valide — c’est-à-dire que la dette de la prière est acquittée — mais il ne reçoit pas les grandes récompenses. Celui qui boit ne doit pas, sous prétexte qu’il a bu, abandonner l’invocation (du'â), le rappel d’Allah (dhikr) et le tasbîh.
Un homme pieux, ayant vu en rêve dans un bon état une femme connue de la région qui était morte auparavant, lui demanda quelle était sa situation. La femme répondit : « Mon Seigneur m’a pardonnée. Je savais que c’était un péché, mais, cédant à mon ego, je buvais de l’alcool. Un jour encore, alors que j’étais dans une assemblée où l’on buvait, l’appel à la prière retentit. Je laissai la boisson et, comme le muezzin, je récitai l’attestation de foi. Peu après, je mourus. Allah Très-Haut dit alors aux anges : “S’il n’y avait pas eu la foi dans son cœur, elle ne se serait pas souvenue de Moi alors qu’elle était ivre. Ne la châtiez pas !” Ainsi ai-je obtenu le pardon. » (Commentaire de al-Shir‘a).
Comme on le voit dans l’anecdote, on ne doit pas traiter de mécréant toute personne qui boit de l’alcool — même celle qui meurt en en buvant. S’il y a en elle ne serait-ce qu’un atome de foi, elle sera finalement sauvée.
Question : La foi d’une personne qui, par paresse, n’accomplit pas l’une des obligations (fard) prescrites par notre religion disparaît-elle ?
Réponse : Celui qui accorde de l’importance aux obligations mais les délaisse par paresse ne perd pas la foi. Cependant, le musulman qui n’accomplit pas une obligation commet deux grands péchés :
Retarder l’obligation : passer le temps prescrit sans adoration. Pour que cela soit pardonné, il faut se repentir — regret, peine du cœur, résolution de ne plus retarder.
Abandonner l’obligation elle-même : ne pas l’avoir faite. Pour que ce grand péché soit pardonné, il faut rattraper immédiatement (qadâ') cette obligation dès que possible. Retarder le rattrapage constitue, à son tour, un grand péché.
Question : Les individus tyranniques qui oppriment les gens, s’attaquent à leurs biens et à leur honneur peuvent-ils, eux aussi, obtenir la grâce de la foi ?
Allah Très-Haut fait miséricorde à tous les hommes en ce monde : Il crée ce dont ils ont besoin et l’envoie à chacun. Il expose clairement ce qu’ils doivent faire pour vivre ici-bas dans le confort et la paix, et pour obtenir le bonheur éternel dans l’au-delà. Parmi ceux qui, trompés par leur ego, de mauvais compagnons, des livres et des publications nocifs, s’engagent sur la voie de l’incrédulité et de l’égarement, Il accorde la guidée à qui Il veut et les ramène au droit chemin. Cependant, Il ne prodigue pas cette grâce aux rebelles et aux tyrans : Il les laisse dans le bourbier du déni qu’ils apprécient, qu’ils désirent et dans lequel ils sont tombés.
Question : Quelles paroles et quels comportements font disparaître la foi d’un musulman ?
Celui qui prononce des paroles ou accomplit des actes que l’islam considère comme des signes d’incrédulité perd sa foi, même s’il affirme croire ; on appelle cela le kufr hukmî (mécréance “juridique”). Relève de ce cas le fait d’avilir ou de dénigrer ce que l’islam ordonne de vénérer et de respecter. Ainsi, celui qui dit une chose indigne d’Allah Très-Haut perd sa foi.
Par exemple : dire « Allah nous regarde depuis le Trône ou depuis le ciel » ; « de même que tu m’as fait du tort, Allah te fait du tort » ; « tel musulman, à mes yeux, est comme un juif » ; appuyer un mensonge en disant « Allah sait que c’est vrai » ; tenir des propos qui rabaissent les anges ; prononcer des paroles qui rabaissent le Coran — voire une seule lettre du Coran ; ne pas croire ne serait-ce qu’à une seule lettre ; réciter le Coran en jouant d’instruments de musique : tout cela fait perdre la foi.
Dire des choses qui rabaissent les Prophètes, ne pas croire en l’un des vingt-cinq Prophètes dont les noms sont mentionnés dans le Coran, désapprouver l’une des sunna notoires, ou dire à propos d’une personne très vertueuse qu’« elle est meilleure que le Prophète » — tout cela fait perdre la foi.
Entendre le hadith : « L’espace entre ma tombe et mon minbar est un des jardins du Paradis » et dire : « Moi, je ne vois rien d’autre qu’un minbar, un tapis de jonc et une tombe » est de la mécréance.
Se moquer des réalités de l’au-delà ; ne pas croire aux châtiments de la tombe et du Jour de la Résurrection sous prétexte que cela ne convient pas à la raison ou à la science ; ne pas croire que l’on verra Allah Très-Haut au Paradis ; dire : « Je ne veux pas du Paradis, je veux [seulement] voir Allah » — tout cela constitue de la mécréance.
Dire : « Prier ou ne pas prier, c’est pareil », « je ne donne pas la zakât », « si l’usure (intérêt) était licite… » ; faire l’aumône avec un bien illicite en espérant une récompense ; que le pauvre, en sachant que l’argent donné est illicite, fasse des invocations en faveur de celui qui le donne ; dire : « Le qiyâs (analogie juridique) de l’imam al-A'zam Abû Hanîfa n’est pas valable » — tout cela est de la mécréance.
Dans la sourate al-A‘râf, verset 56, on lit en ce sens (traduction approximative) :
« Allah Très-Haut envoie le vent comme annonciateur, avant Sa miséricorde qu’est la pluie. Les vents poussent les nuages lourds. Et Nous faisons tomber, des nuages, de l’eau sur la terre morte. Par cette pluie, Nous faisons sortir de la terre des fruits. De même, Nous ferons sortir les morts de leurs tombes. »
Dans ce verset, on montre qu’une chose controversée est illustrée par une chose admise par tous : tout le monde sait qu’Allah fait tomber la pluie et fait pousser l’herbe de la terre. La réalité de la résurrection après la mort est ainsi prouvée par l’analogie avec la revivification de la terre desséchée qui reverdit.