Que signifie le verset : « Ne craignez qu’Allah » ?
Question : Que vise-t-on par les versets du Coran dont le sens est : « Ne craignez qu’Allah » et « C’est de Toi seul que nous implorons l’aide » ?
Réponse : C’est Allah, le Très-Haut, seul qui nous fera entrer au Paradis ou qui nous jettera en Enfer. Personne d’autre ne peut décider cela.
Avoir peur en se disant : « Nous subirons la colère des idoles et elles nous jetteront en Enfer » est une peur fausse. On ne craint pas le Dajjâl ou d’autres tyrans en pensant qu’ils pourraient nous faire entrer en Enfer. Pour ces choses-là, on ne craint qu’Allah.
La peur d’un serpent, d’un voleur ou d’un criminel n’entre pas dans ce cadre. Et si Allah, le Très-Haut, le veut, Il peut aussi nous protéger de ces peurs-là.
Avant le verset dont le sens est : « C’est de Toi seul que nous implorons l’aide », il est dit : « C’est Toi seul que nous adorons ». Cela montre que l’adoration n’est due qu’à Allah, le Très-Haut, et non aux idoles ni à quiconque d’autre.
Demander ensuite l’aide signifie : « C’est de Toi seul que nous implorons l’aide pour accomplir cette adoration, pour qu’elle soit acceptée et, en fin de compte, pour entrer au Paradis. »
Cela signifie encore : « Même dans l’aide demandée aux gens, c’est Toi qui crées cette aide. Même si nous demandons de l’aide à une créature, c’est Toi qui crées cette aide. Toute aide qui nous parvient vient en réalité de Toi. Si quelqu’un soulève notre fardeau, c’est Toi qui lui as donné cette force. Sans Ton ordre, personne ne peut secourir personne. »
Comme l’a expliqué le vénéré ‘Abdülazîz Dehlawi dans son exégèse de la sourate al-Fâtiha :
Lorsque l’on demande de l’aide à quelqu’un, si l’on s’en remet uniquement à Allah, le Très-Haut, tout en gardant à l’esprit que ce serviteur n’est qu’un bénéficiaire de l’aide d’Allah, que c’est Allah, le Très-Haut, qui crée toute chose par des causes, et que ce serviteur n’est qu’une cause parmi d’autres, alors cette demande d’aide adressée à ce serviteur revient en réalité à demander à Allah. (Tahqîq al-haqq al-mubîn)
Dans le tafsîr de Qurtubî, il est dit :
Celui qui accepte et prononce le verset : « C’est Toi seul que nous adorons et c’est de Toi seul que nous implorons l’aide » se trouve ainsi éloigné aussi bien des Jabriyya que des Mu‘tazila, et une réponse suffisante leur est donnée.
La secte des Mu‘tazila dit : « Allah n’intervient pas dans les actes que nous faisons. » Or, lorsque nous disons : « Ô notre Seigneur, c’est de Toi que nous implorons l’aide », il apparaît clairement que Celui qui fait agir, c’est Allah, le Très-Haut, et ainsi la position des Mu‘tazila est réduite à néant.
Quant à la secte des Jabriyya, elle dit : « Tout acte est fait par Allah, les serviteurs n’ont aucun rôle ; c’est Lui qui fait commettre le péché comme la bonne action. » Mais lorsque nous disons : « Ô notre Seigneur, c’est Toi que nous adorons et c’est de Toi que nous implorons l’aide », il devient évident que les serviteurs agissent eux aussi, qu’ils accomplissent les adorations et demandent l’aide.
Il apparaît donc que c’est nous qui accomplissons l’adoration, c’est nous qui commettons le péché, et qu’ainsi nous sommes responsables de nos fautes. De cette manière, la réponse nécessaire est donnée aux Jabriyya, et nous sommes préservés de leur doctrine.