Peut-on forcer et contraindre en matière de religion ?

Dans un verset, Allah dit : « Il n’y a pas de contrainte en religion. » Mais par exemple dans le récit de Dhu-l-Qarnayn, Dhu-l-Qarnayn rencontre un peuple et leur dit : « Soit vous croyez, soit vous mourez. ». S’il n’y a pas de contrainte en religion, pourquoi y a-t-il une contrainte mentionnée dans de nombreux versets ?

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Manuel 1 vue
3 déc. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer

Cher frère, chère sœur,

La traduction approximative des versets concernés de la sourate al-Kahf est la suivante :

« Quand enfin (Dhul-Qarnayn) parvint au lieu du coucher du soleil, il le trouva se couchant dans une source boueuse et, près d’elle, il trouva un peuple. Nous dîmes : “Ô Dhul-Qarnayn ! Tu peux soit les châtier, soit user de bienveillance envers eux.” Il dit : “Quant à celui qui commet l’injustice (en persistant dans le shirk), nous le punirons certainement. Puis il sera ramené vers son Seigneur, et Celui-ci le châtiera d’un châtiment terrible, comme nul n’en a vu. Mais quant à celui qui croit et accomplit de bonnes œuvres, il aura, pour lui, la plus belle récompense. Et nous lui donnerons un ordre facile à suivre.” » (Kahf, 18/86-88)

Concernant la question, le sujet peut être expliqué en quelques points :

a) En Islam, le principe « Il n’y a pas de contrainte en religion » et le fait que Dhul-Qarnayn punisse « ceux qui commettent l’injustice et ne croient pas » ne constituent pas une contradiction. Car on sait qu’il existe, dans les différentes religions et les différentes lois révélées (sharî‘a), des règles différentes.

b) Dans le verset, il n’est pas ordonné à Dhul-Qarnayn de tuer absolument tous les mécréants. En tenant compte de ce qui est conforme à l’intérêt général (maslaha), la question de punir ou de pardonner est laissée à son initiative.

On comprend cela de l’expression, dans la traduction du verset : « Nous dîmes : “Ô Dhul-Qarnayn ! Tu peux soit les châtier, soit user de bienveillance envers eux.” »

Un choix similaire à ces deux options envisagées pour Dhul-Qarnayn a également été proposé au Prophète Muhammad (asm).

Dans le verset dont le sens est :

 « … Une fois la guerre terminée, vous pouvez soit les libérer par pure grâce, sans contrepartie, soit les relâcher contre rançon… » (Muhammed, 47/4),

on voit clairement cette règle.

c) Le fait de châtier dépend de la situation où ils persistent dans le shirk, et où, malgré l’exposition de la vérité et du droit dans toute leur clarté, ils s’entêtent et continuent dans la mécréance. L’expression du verset dont le sens est : « Nous châtierons plus tard (sewfe) ceux qui commettent l’injustice » indique cela.

Ainsi, ce châtiment ne vient pas du simple fait qu’ils soient mécréants, mais du fait que, bien que la vérité se tienne devant eux comme le soleil, ils s’obstinent à rester dans la mécréance.

On comprend donc, dans la formulation du verset, qu’après l’appel à la vérité et après une évaluation de la situation conforme à la sagesse (hikma) et à l’intérêt général (maslaha), deux options existent à propos des négateurs : soit leur mise à mort, soit leur pardon. Car derrière le kufr obstiné (al-kufru al-inadi) se cache une hostilité. Et cette hostilité constitue au minimum un danger potentiel.

Lorsqu’on choisit entre ces deux options, on tient compte aussi de l’état de cette hostilité et du niveau de danger qu’elle représente. (Comparer avec les commentaires de Râzî, Mâverdî, Qurtubî, Ibn Âchûr, Sha‘râwî, Maraghi sur les versets concernés.)

Avec salutations prières et prières...

L'Oasis

3 déc. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer
Cette réponse vous a-t-elle convaincue ?