Est-ce grave si je pense à l'argent quand je récite la Fatiha : "C’est Toi seul que nous adorons" ?

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20 nov. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer

Question : Pendant la prière, au moment de réciter la Fâtiha, sur le passage « Iyyâke na’budu » = « C’est Toi seul que nous adorons », si l’on pense à des choses peccamineuses comme le jeu d’argent, l’alcool, la fornication (zina), ou à des choses permises comme le commerce, est-ce que cela revient à adorer ce à quoi l’on pense ? Moi, je ne me souviens presque jamais d’une prière où je n’ai pensé à rien. Est-ce que je suis en train d’adorer le commerce ou mon travail ?

RÉPONSE : Même si l’on pense à des choses pécheresses, cela ne signifie pas qu’on les adore.

Les savants de l’Islam ont privilégié la voie de l’interprétation (ta'wîl) afin de sauver les gens de la mécréance.

Son Éminence Imâm-? Rabbânî dit :

« Si, d’une parole ou d’un acte d’un musulman, cent sens peuvent être compris, et que quatre-vingt-dix-neuf d’entre eux conduisent à la mécréance, tandis qu’un seul indique qu’il est musulman, il faut retenir ce seul sens-là et ne pas le déclarer mécréant. » (Maktûbât, 3/38)

Certains écrivains, eux, font le contraire : Si, d’une parole d’un musulman, cent sens peuvent être compris, dont quatre-vingt-dix-neuf montrent qu’il est croyant et un seul qui indiquerait la mécréance, ils retiennent ce seul sens et le déclarent mécréant.

Agir ainsi n’est pas la voie des savants de l’Islam.

Si, au sujet d’une parole, 99 savants disent que c’est de la mécréance, et qu’un seul savant dit que ce n’est pas de la mécréance, Allahu teâlâ jugera d’après l’avis de ce seul savant et ne fera pas de cette personne un mécréant.

Faire la prière est un signe de la foi (îmân). Dire à un musulman : « Pendant la prière tu as des pensées, donc tu es mécréant » est une chose très laide.

En récitant la Fâtiha, on peut penser à beaucoup de choses. On ne devient pas adorateur de ce à quoi l’on pense. Il faut se garder de faire entrer les gens dans la mécréance, et au contraire, il faut interpréter (ta'wil) de manière à les préserver de la mécréance. Il faut éviter d’appeler mécréance les mauvaises pensées qui viennent au cœur.

Le sens d’un hadith est le suivant :

 « Tant que la mauvaise pensée n’est pas prononcée avec la langue et qu’on n’agit pas selon elle, Allahu teâlâ pardonne cette mauvaise pensée. » (Boukhârî)
20 nov. 2025
Mouaz Ibn Jebel
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