Comment les trois personnes qui étaient bloquées dans la grotte ont-elles été sauvées ?

Trois hommes partirent en voyage. Le soir venu, ils entrèrent dans une grotte. Mais un rocher se détacha de la montagne et vint obstruer l’entrée de la grotte… Pouvez-vous donner l’intégralité de ce hadith ? Comment devons-nous comprendre les invocations de ces trois hommes qui s’étaient réfugiés dans une grotte et s’y sont retrouvés coincés ?

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27 nov. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer

Cher frère,

Commençons par donner le texte complet du hadith :

Abû ‘Abd ar-Rahmân ‘Abdullah ibn ‘Umar ibn al-Khattâb (qu’Allah les agrée tous deux) rapporte qu’il a entendu le Messager d’Allah (sallallahu ‘alayhi wa sallam) dire :

« Trois hommes, parmi ceux qui vécurent avant vous, se mirent en route pour un voyage. Le soir venu, ils entrèrent dans une grotte afin d’y passer la nuit. Mais un rocher se détacha de la montagne et vint fermer l’entrée de la grotte.

Ils se dirent alors les uns aux autres :

« Rien ne pourra vous sauver de ce rocher, à part le fait d’invoquer Allah en Lui mentionnant les bonnes actions que vous avez accomplies sincèrement pour Lui. »

L’un d’eux prit la parole et dit :

« Ô Allah ! J’avais un père et une mère très âgés. Je ne donnais jamais à manger ni à boire à mes enfants ni à mes serviteurs avant eux. Un jour, je suis parti de la maison pour chercher de la nourriture (du fourrage) pour les bêtes, et je ne pus revenir avant qu’ils ne se soient endormis. De retour à la maison, je trayai les animaux et apportai le lait à mes parents ; mais je vis qu’ils dormaient tous les deux. Je n’ai pas voulu les réveiller, et je n’ai pas trouvé convenable non plus de donner à boire avant eux aux gens de la maison ou aux serviteurs. Je suis donc resté, le récipient à la main, à attendre leur réveil jusqu’à l’aube, tandis que les enfants, autour de moi, se plaignaient de faim. Finalement, ils se sont réveillés et ont bu leur lait. Seigneur ! Si j’ai fait cela pour rechercher Ton agrément, alors écarte de nous cette épreuve du rocher. »

Le rocher s’écarta un peu, mais pas suffisamment pour qu’ils puissent sortir.

Le deuxième prit la parole :

« Ô Allah ! J’avais une cousine que j’aimais plus que toute autre personne. (Dans un autre récit : “Un homme ne peut aimer une femme plus que je ne l’aimais.”) J’ai voulu avoir d’elle ce qu’un homme désire d’une femme, mais elle ne l’accepta pas. Une année de disette survint. Ma cousine vint me trouver. Je lui donnai cent vingt pièces d’or, à condition qu’elle se livre à moi. Elle accepta. Lorsque j’allais m’unir à elle (dans une autre version : au moment où j’entamai le rapport sexuel), elle me dit : “Crains Allah ! Ne m’obtiens pas par une voie qu’Il n’agrée pas !” Alors je me suis éloigné d’elle, bien qu’elle fût la personne que j’aimais et désirais le plus, et je n’ai pas repris l’or que je lui avais donné. »

« Ô Allah ! Si j’ai fait cela pour rechercher Ton agrément, alors éloigne de nous la difficulté qui nous accable. »

Le rocher s’ouvrit encore un peu, mais ce n’était toujours pas suffisant pour qu’ils puissent sortir.

Le troisième homme dit alors :

« Ô Allah ! Autrefois, j’ai embauché plusieurs ouvriers. J’ai payé le salaire de chacun, sauf un homme qui est parti sans prendre son dû. J’ai investi son salaire pour lui, et, de ce capital, une grande richesse s’est développée. Un jour, cet homme revint et me dit : “Ô serviteur d’Allah ! Donne-moi mon salaire.” Je lui répondis : “Les chameaux, les vaches, les moutons et les esclaves que tu vois sont issus de ton salaire.” Alors il s’exclama : “Ô serviteur d’Allah ! Ne te moque pas de moi !” Je lui dis : “Je ne me moque pas de toi.” Il prit alors tout ce troupeau et partit en les emmenant, sans rien laisser derrière lui. Ô mon Seigneur ! Si j’ai fait cela uniquement pour rechercher Ton agrément, alors délivre-nous de la difficulté dans laquelle nous nous trouvons.” »

Le rocher qui bouchait l’entrée de la grotte s’ouvrit complètement, et ils sortirent et s’en allèrent. (Hadith rapporté par al-Bukhârî, Ijâra 12 ; Muslim, Dhikr 100)

Dans ce hadith, il est indiqué que les actions accomplies avec une bonne intention, avec sincérité (ikhlâs) et pureté de cœur, plaisent à Allah le Très-Haut.

Allah, glorifié soit-Il, se montre satisfait de Son serviteur pour les belles actions qu’il accomplit uniquement pour obtenir Son agrément, ainsi que pour les mauvaises actions qu’il abandonnne par crainte de Son châtiment.

Cette satisfaction d’Allah :

  • délivre l’être humain de nombreuses difficultés, aussi bien dans ce monde que dans l’au-delà,
  • et lui permet d’être heureux et comblé dans les deux mondes.

Dans ce récit rapporté par le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa sallam), sont mis en évidence :

  • l’importance du service rendu aux parents,
  • la maîtrise de l’âme (nafs),
  • et le respect des droits d’autrui.

La première histoire montre que le bienfait envers les parents, le fait de prendre soin de leur cœur et de les satisfaire, est un acte d’une grande valeur. En réalité, l’être humain est redevable de bienfaisance envers ses parents, car eux-mêmes lui ont fait beaucoup de bien dans le passé. Maintenant, c’est au tour de l’enfant de leur faire du bien.

Le comportement exemplaire du premier homme concerne uniquement ses parents, alors que, dans les deux autres récits, il est question de bienfaisance vis-à-vis d’autres personnes ; c’est pourquoi ces deux derniers exemples apparaissent comme encore plus élevés.

Parmi ces trois belles actions, la plus noble est celle de l’homme qui aurait pu posséder sa cousine sans qu’aucun obstacle ne l’en empêche, mais qui, par crainte d’Allah, a maîtrisé les désirs de son âme et a renoncé. Le verset suivant montre qu’une telle personne est destinée au Paradis :

 « Quant à celui qui aura craint de comparaître devant son Seigneur et qui aura préservé son âme de la passion, le Paradis sera, certes, son refuge. » (an-Nazi‘ât, 79/40-41)

Lorsque l’être humain se trouve dans la difficulté, il doit implorer Allah, le Très-Haut, pour qu’Il le délivre de ses épreuves. À cette occasion, il peut rappeler, avec sincérité, certaines de ses bonnes actions dont il est sûr qu’elles ont été faites pour Allah, et demander à Allah de le secourir par leur mérite, en s’en servant comme moyen dans son invocation. Cela ne signifie en aucun cas se vanter ou rappeler ses bienfaits aux autres.

Qu’il est beau, pour une personne en détresse, d’avoir dans sa vie des actes sincères qu’elle peut présenter comme cause d’exaucement dans ses invocations !

Les bonnes actions accomplies avec sincérité (ikhlâs) et bonne intention produisent des fruits bénéfiques dès cette vie, parfois même au moment où l’on croit que tout est perdu. Cela montre la place de l’ikhlâs et de la bonne intention dans la vie du croyant.

En résumé :

  1. On doit obéir et respecter ses parents plus que quiconque, et les préférer à toutes les personnes qu’on aime.

  2. Renoncer aux choses que le nafs désire, alors qu’on a la possibilité de les accomplir, uniquement par crainte d’Allah et dans le but de rechercher Son agrément, fait acquérir à l’homme de grandes vertus.

  3. Dans les relations et les affaires avec les gens, être honnête, compréhensif et prêt au sacrifice, respecter les dépôts et les engagements, sont des comportements qui agréent à Allah, le Très-Haut.

  4. Allah, le Très-Haut, ne fait jamais perdre aucune bonne action ; au moment venu, Il en manifeste la valeur et la récompense.

  5. L’être humain voit la récompense de sa sincérité (ikhlâs) et de sa bonne intention aussi bien dans ce monde que dans l’au-delà. (cf. Mesures de vie tirées du Prophète – Traduction et commentaire de Riyâd as-Sâlihîn, éditions Erkam, hadith n° 13)

Avec salutations et prières…

L'Oasis

27 nov. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer
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