Que veut dire « tafakkur » ?

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30 oct. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer

Question : Quelle est la place du tafakkur (méditation) dans la religion ?

Réponse : Le tafakkur est un acte d’adoration important dans notre religion. Il consiste à réfléchir à ses péchés, aux créatures et à soi-même, et à tirer des leçons des choses créées par Allah le Très-Haut. Dans le Coran, en louant les justes, il est dit :

« Ceux qui, debout, assis et couchés sur le côté, se rappellent Allah, méditent minutieusement sur la création des cieux et de la terre, et disent : “Seigneur, Tu n’as pas créé tout cela en vain. Gloire à Toi ! Préserve-nous du châtiment de l’Enfer.” » [Âl ‘Imrân, 191]

Il est également dit dans les nobles hadiths :

« Méditer un instant sur la grandeur d’Allah le Très-Haut, sur le Paradis et l’Enfer, vaut mieux que passer toute une nuit en dévotion. »[Abu Shaykh]

« Le tafakkur (méditation) est la moitié de l’adoration. » [Imam Ghazâlî]

« Il n’est pas d’adoration plus précieuse que le tafakkur. » [Ibn Hibbân]

« Un peu de tafakkur vaut mieux qu’une année d’adorations surérogatoires. » [Alchimie du bonheur]

« Comment ne pleurerais-je pas alors qu’il y a ce verset : “Dans la création des cieux et de la terre, et dans l’alternance de la nuit et du jour [leur allongement et leur raccourcissement], il y a assurément des signes pour les doués d’intelligence” (Âl ‘Imrân, 190) ? Malheur à celui qui lit ce verset et ne médite pas ! » [Ibn Hibbân]

« Réfléchissez sur les créatures qu’Allah le Très-Haut a créées ; ne réfléchissez pas sur Son Essence ! » [Bayhaqî]

« Celui dont le silence est méditation, dont le regard tire des leçons, et qui multiplie les demandes de pardon a trouvé le salut. » [Daylamî]

Les savants ont dit :

  • « Le tafakkur rend l’homme savant ; et le savant met sa science en pratique. » (Wahb ibn Munabbih)

  • « Le tafakkur est un miroir qui te montre ton bien et ton mal. » (Fudayl ibn ‘Iyâd)

  • « Celui qui médite sur la grandeur d’Allah le Très-Haut ne peut se rebeller contre Lui. » (Bishr al-Hâfî)

  • « Le tafakkur aiguise l’intelligence. » (Imâm al-Shâfi‘î)

  • « Trop penser à ce bas-monde voile l’au-delà ; penser à l’au-delà délivre de l’insouciance et fait parler avec sagesse. » (Abû Sulaymân al-Dârânî)

On devrait, à toute occasion, méditer sur les créatures qu’Allah le Très-Haut a créées. Par exemple, regarder sa main : si nous n’avions pas de doigts, comme il serait difficile de saisir quoi que ce soit ! Et si nos doigts ne se pliaient jamais ? Et si nous n’avions pas de mains ? Si nous n’avions pas d’yeux, ou si nos yeux étaient placés ailleurs, que deviendrions-nous ? Nos ongles poussent continuellement ; si nos dents poussaient de la même manière, qu’arriverait-il ? Et si nos dents ne faisaient qu’un avec l’os, comment les arracherait-on lorsqu’elles se carient ? Réfléchir au fait que les cheveux continuent de pousser alors que les sourcils et les cils ne s’allongent pas. Et si l’être humain grandissait comme un peuplier, que se passerait-il ?

Il faut contempler la création des plantes et des fruits, l’harmonie des étoiles et des planètes. Puis louer Allah le Très-Haut pour les avoir créés de manière si parfaite ! Ainsi, la foi de l’homme se renforce. Mais s’occuper constamment de ces réflexions tout en négligeant le savoir juridique (fiqh) qui lui est nécessaire est très dangereux.

Le tafakkur se décline en quatre formes :

  1. Réfléchir aux beautés et aux bienfaits présents dans les créatures d’Allah le Très-Haut conduit à croire en Lui et à L’aimer.

  2. Réfléchir aux récompenses qu’Il a promises pousse à accomplir les actes d’adoration.

  3. Réfléchir aux châtiments qu’Il a annoncés amène à Le craindre, à ne pas faire le mal et à éviter le péché.

  4. Réfléchir au fait que, malgré Ses bienfaits et Ses dons, on commet des péchés en suivant son ego et que l’on vit dans l’insouciance, conduit à éprouver de la pudeur envers Allah. Allah le Très-Haut aime ceux qui tirent des leçons en méditant sur les créatures qui se trouvent sur la terre et dans les cieux.

Un homme de la communauté du Prophète Moïse (Mûsâ) adora Allah pendant trente ans ; un nuage le couvrait d’ombre. Un jour, le nuage ne vint pas et il resta en plein soleil. Sa mère dit : « Tu as dû commettre un péché. » Le fils répondit : « Non, je n’ai pas péché. » Sa mère répliqua : « Si tu n’as pas levé les yeux vers les cieux et les fleurs pour méditer sur la majesté du Créateur, pourrait-il y avoir faute plus grande ? »

Il a créé toute chose avec ordre.

Question : Comment la foi se fortifie-t-elle ?

Réponse : Celui qui apprend les points ci-dessous, et qui connaît aussi l’‘aqîda de l’Ahl as-Sunna, voit sa foi se renforcer. Quant à celui qui n’a pas la foi, s’il les examine — et s’il fait preuve d’équité et a sa part de guidée — il croira à l’existence et à la puissance d’Allah le Très-Haut. Voici quelques signes qui montrent l’existence et la toute-puissance du Seigneur :

Quel prodige que des êtres humains puissent vivre, seulement maintenus par la gravité, sur une planète sphérique qui tourne seule dans l’espace à grande vitesse et dont l’intérieur est rempli de feu ! Montagnes, roches, mers, êtres vivants, plantes : par quelle puissance immense viennent-ils à l’existence, se développent-ils et manifestent-ils tant de propriétés diverses ? Parmi les animaux, certains marchent sur la terre, d’autres volent dans les airs, et d’autres encore vivent dans l’eau.

Le soleil fournit la chaleur la plus élevée et permet la croissance des plantes ; en provoquant des transformations chimiques dans certaines d’entre elles, il fait apparaître de la farine, du sucre et d’autres substances.

L’homme ne se rend pas compte à quel point son propre corps est une immense usine et un laboratoire. Or, le simple fait de respirer est déjà un grand phénomène chimique : l’oxygène prélevé dans l’air, après avoir été « brûlé » dans l’organisme, est expulsé sous forme de dioxyde de carbone.

Le système digestif, quant à lui, ressemble à une usine. Les aliments et boissons introduits par la bouche, après avoir été décomposés et broyés dans l’estomac et les intestins, voient leur partie utile filtrée dans l’intestin grêle pour passer dans le sang, tandis que les résidus sont évacués. Tout cela se fait automatiquement et avec un grand ordre ; le corps fonctionne comme une véritable usine.

Dans le corps humain, il existe des dispositifs qui fabriquent des substances aux formules très complexes, provoquent toutes sortes de réactions chimiques, font des analyses, purifient, neutralisent les poisons, soignent les blessures, filtrent diverses matières et fournissent de l’énergie. On y trouve aussi un réseau électrique parfait, des systèmes de leviers, un ordinateur électronique, un dispositif de communication interne, ainsi que des appareils pour la vision, l’audition, la mise sous pression et la régulation. S’y ajoutent encore un système de lutte contre les microbes et de leur élimination.

Le cœur est une pompe prodigieuse qui fonctionne sans relâche. À côté de toute cette perfection matérielle, il existe aussi d’immenses facultés immatérielles : comprendre, penser, mémoriser, se souvenir, juger et décider. Il est impossible aux humains d’en mesurer la valeur. Il s’ensuit qu’en plus du corps, l’être humain possède aussi une âme.

En observant l’ordre qui règne chez les êtres vivants et inanimés, on peut croire à l’existence d’un Créateur ; mais on ne devient pas musulman tant qu’on ne croit pas à tout ce qu’a rapporté le Prophète.

30 oct. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer
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