Pouvez-vous donner des informations détaillées au sujet de l’istikhara ?

Agit-on en suivant l’istikhâra (en particulier pour le mariage) ? Si, après avoir fait l’istikhâra pour savoir s’il faut accomplir une chose ou non, on voit en rêve à la fois du noir et du rouge mais aussi du blanc et du vert, comment comprendre si cette chose est bonne ou non ? Faut-il la faire ou ne pas la faire ?

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Manuel 2 vues
1 déc. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer

Cher frère / chère sœur,

L’istikhâra est le fait que, lorsqu’une personne veut accomplir une chose, elle prie deux unités de prière (rak‘at) pour ressentir si cet acte est bon ou non pour elle, puis implore Allah par une invocation afin que le bien et l’issue favorable lui apparaissent. Cette prière s’appelle salât al-istikhâra, et l’invocation qu’on y récite est appelée du‘â al-istikhâra.

Dormir ou voir un rêve n’est pas une condition essentielle de l’istikhâra. Même si le temps est limité et que l’on n’a pas la possibilité de dormir, il reste recommandé (sunna) d’accomplir la prière d’istikhâra pour toute affaire permise et bénéfique. Cependant, après la prière et l’invocation, le fait de se coucher en état d’ablution, tourné vers la qibla, et de voir en rêve du blanc ou du vert peut être interprété comme un signe que l’affaire en question est bonne ; voir du noir ou du rouge peut être compris comme un signe que cela n’est pas favorable…

Lorsqu’une personne souhaite se lancer dans une affaire comme le commerce, le mariage, un voyage, etc., et qu’elle hésite sur le fait que cela soit bon ou non pour elle, elle cherche naturellement des moyens de dissiper ses doutes et de lever son hésitation.

La première chose à faire dans ce cas est d’examiner si l’affaire envisagée est légale (halal) et conforme aux règles religieuses, de vérifier si elle respecte les critères de la religion. Si la personne n’arrive pas elle-même à une conclusion claire, la voie la plus saine est de consulter quelqu’un de compétent et approprié, de prendre son avis, et, si nécessaire, de parler du sujet en détail sous tous ses angles ; en résumé, de pratiquer l’istishâra (la consultation). La personne à consulter doit être expérimentée, savante et digne de confiance dans sa parole.

Question : Un bon parti s’est présenté. Nous étions sur le point de dire oui, quand on nous a dit : « Faites aussi une istikhâra. » Comme nous n’avions pas confiance en notre propre jugement, nous avons confié l’istikhâra à une dame âgée. Le lendemain matin, nous avons eu comme interprétation : « Ce n’est pas bon dans l’istikhâra, renoncez. » Alors que nos proches, après consultation (istishâra), avaient dit : « Il est convenable, approprié, de niveau équivalent. » Nous étions donc prêts à accepter. Quelle est maintenant notre situation ? Devons-nous agir selon l’istikhâra ou selon l’istishâra ?

Commençons par soumettre l’istikhâra à une brève analyse. Il n’est pas facile de déterminer si ce qui est vu en istikhâra indique un oui ou un non. C’est une réalité qui dépend beaucoup de l’interprétation.

Ensuite, ce qui est vu provient-il de Satan ou est-il rahmanî (inspiré par le Miséricordieux) ? Là encore, il n’est pas facile de le savoir. Il faut pour cela être compétent.

De plus, l’istikhâra n’est pas contraignante. Il n’y a aucune obligation d’agir absolument selon le « signe » qui y est perçu.

Quant à l’istishâra (la consultation) : des personnes compétentes ont discuté et réfléchi au sujet en long et en large, et en ont tiré une conclusion. Cette conclusion est en principe à un niveau qui correspond aux exigences de la raison, de la logique et de la science. Ou du moins, elle devrait l’être.

Dans ce cas, il ne reste plus d’autre voie que de se conformer à l’istishâra.

Le fait que ceux qui participent à la consultation réfléchissent avec leur raison, observent la situation avec leurs yeux et l’examinent à la lumière de leur savoir constitue certainement un examen solide. L’un peut se tromper, un autre peut ne pas voir certains aspects, mais ils ne tomberont pas tous dans la même erreur.

À partir de là, il ne reste plus qu’à placer sa confiance en Allah (tawakkul).

En réalité, dans ce genre de questions vitales, la précaution la plus sûre est que les deux parties se connaissent dans leur véritable identité. Il ne faut pas se présenter avec des qualités que l’on n’a pas, pour ensuite se retrouver face à des surprises désagréables.

Avec salutations et prières,

L'Oasis

1 déc. 2025
Mouaz Ibn Jebel
Writer
Cette réponse vous a-t-elle convaincue ?