Pourquoi sacrifie-t-on deux bêtes pour les garçons et une pour les filles pour le sacrifice Aqiqa ?
Dans certains récits, il est rapporté que “le Messager d’Allah (paix et bénédiction sur lui) nous a ordonné de sacrifier deux moutons pour les garçons et un mouton pour les filles (comme sacrifice d’aqiqa)”. Quelle en est donc la sagesse ?
Cher frère,
Le sacrifice qui est offert par reconnaissance pour la naissance d’un enfant s’appelle « akika ». Sacrifier une bête pour l’akika est une sunna. D’après un récit rapporté de Ibn Abbas (ra), le Messager d’Allah (asm) a fait sacrifier un animal d’akika pour Hasan et Husayn (ra). (Abu Dawud, Dahaya, 21 ; Nasai, Akika, 1)
Dans un hadith, il a également dit :
« Tout enfant est comme un gage (relié) à l’akika que l’on doit sacrifier pour lui le septième jour (après sa naissance). Une fois l’akika sacrifiée, on rase la tête de l’enfant et on lui donne un nom. » (Abu Dawud, Dahaya, 21)
De ce point de vue, il est possible de sacrifier l’akika pour l’enfant depuis le jour de sa naissance jusqu’à sa puberté, mais il est plus méritoire de l’accomplir le septième jour après la naissance. Il est également recommandé (mustahab), le même jour, de donner un nom à l’enfant et de verser en aumône l’équivalent en or du poids de ses cheveux, ou sa valeur. (Ibn Rushd, Bidaya, 1/463-464)
Par ailleurs, un seul animal sacrifié suffit aussi bien pour un garçon que pour une fille. Notre Prophète (asm) n’a pas rendu obligatoire un nombre précis à ce sujet et a laissé ce choix aux parents.
Le conseil « sacrifiez deux bêtes pour le garçon » que l’on trouve dans certains récits concerne des situations particulières : celles de compagnons fortunés qui venaient annoncer au Prophète (asm) la bonne nouvelle de la naissance de leur enfant.
Ainsi, une personne dont la situation matérielle est bonne peut, pour chaque enfant, faire sacrifier un animal et en distribuer la viande aux pauvres ; elle peut aussi, en sacrifiant davantage, accomplir encore plus pleinement son devoir de reconnaissance envers Allah Très-Haut. Parmi les animaux qui remplissent les conditions requises pour le sacrifice, la viande de l’akika peut être consommée par les membres de la famille, par les proches pauvres comme riches, ainsi que par les voisins : tout le monde peut en manger.
Le Prophète (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) a interdit, lors de l’abattage de ce sacrifice, la coutume consistant, selon l’usage, à mettre du sang sur la tête de l’enfant. (Abu Dawud, Edahi, 20)
Selon l’imam Shafii et Ahmad ibn Hanbal, par bon augure (tafa’ul) pour la santé et la sécurité de l’enfant, on ne casse pas les os de l’animal sacrifié pour l’akika ; on les sépare au niveau des articulations et on le fait ainsi cuire. Cela est considéré comme recommandé (moustahab).
D’après les imams des autres écoles, au contraire, il est recommandé, toujours par bon augure mais cette fois pour que l’âme humaine reste modeste et que ses convoitises soient « brisées », de casser les os de l’animal.
En définitive, la situation varie selon l’intention. Il est bon d’agir en fonction de ce à quoi l’on rattache ce bon augure.
Avec salutations et prières...
L'Oasis